Selon notre baromètre Agrodistribution-ADquation, plus de la moitié des producteurs de blé tendre d’hiver (57 %) comptent livrer, à la récolte, l’essentiel de leur blé à un organisme stockeur, notamment ceux qui sont en orientation grandes cultures (64 %), qui exercent dans la région Nord-Est (63 %) et qui travaillent principalement avec une coopérative (63 %).

Le stockage à la ferme pour livraison ultérieure, qui concerne, en tant que destination principale du blé à la moisson, en moyenne 15 % des agriculteurs selon notre sondage, est plus important dans les exploitations de plus de 50 ha de blé (35 %), dans celles de plus de 150 ha de SAU (27 %), chez les agriculteurs travaillant principalement avec un négoce (25 %) et dans la région Nord-Est (21 %).

Le stockage à la ferme du blé pour autoconsommation, privilégié par 16 % des agriculteurs, concerne principalement les éleveurs (43 %), les agriculteurs ayant moins de 20 ha de blé (30 %) et ceux installés dans le Sud (25 %).

Des proportions en fonction de la taille de la récolte

Ces résultats sont globalement stables par rapport à l’année dernière. Alors qu’on aurait pu s’attendre, compte tenu de la maigre moisson à venir, à une proportion de stockage de fait plus importante.

C’est en tout cas le raisonnement d’Hugues Desmet, responsable collecte chez Valfrance : « Quelle que soit l’année, les agriculteurs stockeurs remplissent intégralement leur stockage, puis livrent le reste. Ainsi, le volume livré à la moisson est fonction de la taille de la récolte. »

Si la récolte est faible, voire mauvaise, ce qui semble le cas cette année, le volume stocké à la ferme peut rester le même mais celui livré à la moisson sera moindre, donc la proportion de ce dernier aussi. Par exemple, en 2019, Valfrance a rentré 320 000 t à la moisson sur ses 530 000 t de collecte de blé, soit 60 %. Une proportion qui ne devrait donc pas être atteinte cette année, les rendements s’annonçant en retrait et les surfaces étant en recul de 8 à 10 %.

Renaud Fourreaux