Selon notre baromètre Agrodistribution-ADquation, 29 % des agriculteurs déclarent utiliser des produits de biocontrôle, une proportion stable par rapport à notre précédente enquête de janvier 2020 (27 %). Les utilisateurs s’avèrent toutefois plus nombreux parmi les agriculteurs de moins de 50 ans (36 %), en grandes cultures (36 %), et parmi ceux ayant 150 ha de SAU ou plus (37 %). Par contre, seuls 12 % des éleveurs en utilisent et 19 % dans le Centre.

Près de 70 % d’agriculteurs utilisateurs selon l’IBMA

Lors de ses 8es rencontres annuelles du biocontrôle, qui se sont déroulées le 18 janvier dernier, IBMA France a également présenté les résultats d’une enquête sur l’utilisation des produits de biocontrôle par les agriculteurs, réalisée par la junior entreprise AgroParisTech Service Études. 350 agriculteurs, représentant toutes les cultures et modes de production, ont ainsi été interrogés à l’automne 2021.

« On peut affirmer que le biocontrôle s’adresse à toutes les agricultures, près de 70 % des agriculteurs de ce panel en utilisent », résume Céline Barthet, présidente de l’IBMA. Cette proportion bien supérieure à celle de notre enquête s’explique en partie par un panel beaucoup plus large du côté de l’IBMA, incluant notamment des viticulteurs et des agriculteurs en cultures spécialisées, productions où les solutions de biocontrôle disponibles sont bien plus nombreuses.

Un petit décalage entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique est cependant noté par l’IBMA, avec 66 % d’utilisateurs en conventionnel, contre 79 % en bio. « C’est vrai, il y a un petit décalage, mais finalement ce gap n’est pas si grand », affirme-t-elle. En polyculture-élevage, 2 agriculteurs interrogés sur 5 déclarent en utiliser. « On doit encore progresser », note-t-elle alors que 9 agriculteurs sur 10 en utilisent déjà en viticulture.

Trois principaux freins à l’adoption

Selon notre enquête Agrodistribution-ADquation, 37 % des non-utilisateurs se disent prêts à utiliser des produits de biocontrôle, indépendamment de leur prix, soit une proportion en baisse de 9 points par rapport à 2020 (46 %). Au total, 55 % des agriculteurs sondés utilisent des produits de biocontrôle ou sont prêts à le faire, contre 61 % en janvier 2020.

Trois principaux freins à l’adoption ont été identifiés dans le cadre de l’enquête IBMA. Le premier est le manque d’efficacité des produits, ou du moins le manque de preuves de leur efficacité. « On connaît ce besoin de démonstrateur, de diffuser et d’expliquer les conditions de réussite mais aussi d’échec de ces produits », explique Céline Barthet, qui note également le besoin de ressources financières pour y remédier. Lors de ces rencontres, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a d’ailleurs annoncé un soutien à la recherche de 15 M€ dans le cadre du plan France Relance.

Le deuxième frein réside dans le manque d’accompagnement et le besoin d’information et de formation des agriculteurs. « On a identifié ce besoin depuis plusieurs années. Tous nos adhérents sont engagés, notamment avec la formation des prescripteurs », explique-t-elle. Enfin, troisième frein, le coût trop élevé des produits est également pointé du doigt par les agriculteurs. « Une innovation est souvent plus chère quand elle arrive sur le marché qu’un produit déjà bien installé », analyse Céline Barthet.

En ce qui concerne les bénéfices, les agriculteurs interrogés ont mis en avant la qualité sanitaire des produits, la santé de l’applicateur ainsi que l’image, plus facilement valorisable, qu’induisent ces produits.

Lucie Petit
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