Comme l’année dernière, les ammonitrates constituent la principale forme d’engrais azoté simple envisagée par les agriculteurs pour cette campagne (46 %). Parmi eux, l’ammonitrate 33,5 reste la forme la plus utilisée (35 %), notamment dans l’Ouest (45 %) et le Sud (44 %).

Les ammonitrates, valeurs sûres dans l’Ouest

Chez Fertiréco, réseau de négociants actif dans le Grand Ouest, les ammonitrates représentent une bonne moitié des engrais azotés simples vendus. « Historiquement, le Grand Ouest a la culture de l’ammonitrate, c’est lié aussi à la proximité des usines, même si l’urée prend des parts de marché », commente Odile Bernard, directrice du réseau.

Au niveau national, l’urée paraît pourtant être en léger retrait cette année (12 % contre 15 % l’année dernière), en tout cas dans les intentions des agriculteurs. A contrario, les urées améliorées semblent croître doucement (5 % contre 3 %). « Je ne vois pas de marge de progression sur ce type de produits », balaye Odile Bernard. « L’urée seule ou inhibée est marginale sur ma zone », fait savoir de son côté Patrick Loizon, responsable fertilisants chez Inoxa, la centrale d’achat n° 1 de la coopération, qui couvre le Bassin parisien.

Le Can 27 en progression

Le sondage fait ressortir que la solution azotée est plus particulièrement utilisée en grandes cultures (28 %) ainsi que dans le Nord-Est (22 %), où elle dépasse même l’ammonitrate 33,5 (21 %) et l’ammonitrate 27 (21 %), lequel réalise d’ailleurs son meilleur score dans cette région.

Chez Inoxa, si l’ammonitrate est la première forme d’azote utilisée, suivie de très près par la solution azotée, « l’ammonitrate 33,5 ne vient qu’en deuxième position, loin derrière le Can 27, contrairement aux chiffres nationaux, relève Patrick Loizon, responsable fertilisants. Ce phénomène s’amplifie chaque année avec des transferts de volumes d’ammonitrate 33,5 vers du Can 27, pour des raisons réglementaires et de prix à l’unité d’azote. En big bags, l’ammonitrate garde une légère avance sur le Can 27, mais de très peu. »

Pas d’azotés simples pour 19 % des agriculteurs

Enfin, 19 % des agriculteurs interrogés déclarent ne pas utiliser d’engrais azotés simples, notamment les éleveurs (30 %). « Par rapport au sondage, il manque à mon sens la notion des azotés soufrés, pointe Patrick Loizon. Sur ma zone, ces formules pèsent environ 25 % des volumes d’azotés granulés, ce n’est pas négligeable. »

Renaud Fourreaux