Ils sont un peu de moins de la moitié, soit 46 % des agriculteurs, à se montrer optimistes quant à l’avenir de l’agriculture française, selon notre baromètre Agrodistribution-ADquation, proportion en légère baisse par rapport à l’an dernier. Et ils sont 52 % à ne pas voir cet avenir en rose. Une analyse plus fine des populations permet d’observer que les agriculteurs des régions Ouest (54 %) et Nord-Est (52 %) et les moins de 50 ans (55 %) sont les plus enthousiastes.

Seuls 32 % d’exploitants du Centre sont confiants

Par contre, les exploitants du Centre sont à peine un tiers (32 %) à exprimer leur optimisme. Les plus de 50 ans et ceux travaillant principalement avec un négoce sont également moins enthousiastes (41 %). Ce sondage s’inscrit dans la même veine que les réponses recueillies depuis cinq ans, avec un « oui » oscillant entre 44 et 49 %. Il est bien loin des 70 à 74 % de confiance en l’avenir exprimés en 2012 et 2013.

L’optimisme de la FNSEA sera-t-il contagieux ?

Cette courbe peut-elle s’inverser ? Est-ce que l’enthousiasme affiché par la FNSEA dans son bilan du Sia 2020 sera contagieux, sans jeu de mots dans le contexte sanitaire actuel ? « Le bilan du Sia que nous tirons est des plus positifs. Nous en sommes convaincus, c’est par le dialogue que nous parviendrons à dissiper les idées reçues, en montrant le monde agricole tel qu’il est et tel qu’il se transforme », affirme dans un communiqué du 2 mars la FNSEA, qui salue « la moisson d’accords partenariaux avec de multiples interlocuteurs » et la venue de 90 délégations de parlementaires et personnalités publiques.

Pourtant 88 % des Français ont une bonne opinion

D’autre part, malgré la cristallisation sociétale sur certaines pratiques agricoles, un sondage Odoxa Dentsu Consulting, réalisé pour Le Figaro et France Info à la veille du Sia, souligne que 88 % des Français ont une bonne opinion des agriculteurs et 90 % les jugent utiles.

Mais les agriculteurs ne sont-ils pas las et fatigués de toute la pression mise sur eux ? Ce sondage Agrodistribution-ADquation ne vient-il pas appuyer un peu plus le fait que le monde agricole se sent perdu dans le brouhaha de la multitude de voies et de voix ? Chacun a sans doute besoin de se poser au calme et de se recentrer sur soi-même et ses véritables aspirations.

Hélène Laurandel