Selon notre baromètre Agrodistribution-ADquation réalisé en novembre dernier, 54 % des agriculteurs se déclarent confiants dans l’avenir de l’agriculture française, un optimisme au plus haut par rapport aux dernières années. Rappelons qu’en janvier 2020, ils n’étaient que 46 % à être confiants.

Cette proportion s’avère bien plus élevée parmi les agriculteurs de la région Ouest (71 %), les moins de 50 ans (61 %) et les éleveurs (60 %), beaucoup plus enthousiastes qu’en grandes cultures (48 %).

Mais alors, comment expliquer ce regain d’optimisme et de confiance à l’issue d’une année 2020 marquée par une crise sanitaire plus qu’inattendue et de mauvaises récoltes ? S’il est difficile d’en expliquer les raisons, nous pouvons toutefois émettre quelques hypothèses.

Crise sanitaire et mauvaises récoltes

La crise sanitaire du Covid-19, si elle a au départ mis sous pression les acteurs du monde agricole, notamment au niveau de l’approvisionnement, semble avoir engendré un regain d’intérêt des consommateurs pour l’agriculture française. La souveraineté alimentaire nationale a en effet été remise au centre du tapis avec la montée en puissance du manger local et des circuits courts au cœur de la crise.

2020 a également été marquée par de mauvaises récoltes. Toutefois les marchés se révèlent cléments avec, notamment, une hausse du prix des céréales ces derniers mois, au grand désarroi des acteurs de l’alimentation animale. « Nous constatons, depuis l’été 2020, une hausse régulière du prix des principales matières premières utilisées en alimentation animale, s’est inquiété François Cholat, président du Snia, dans un communiqué du 7 janvier. Cette hausse importante des prix sur les céréales et les tourteaux d’oléagineux résulte de plusieurs paramètres, qui préfigurent une tendance amenée à s’installer pour encore quelques mois selon les analyses de marchés. »

Un ministre de l’Agriculture qui semble faire l’unanimité

Une étude de la CCMSA, caisse centrale de la Mutualité sociale agricole, dévoilée en décembre dernier, rend également compte d’un bon maintien de l’activité agricole. « Malgré un nombre d’installations de chefs d’exploitation agricole en diminution, on constate un fort taux de maintien dans l’activité agricole dans les six ans suivant l’installation. » Selon cette étude, 8 exploitations sur 10 existent toujours six ans après l’installation et, parmi les installés de moins de 40 ans, ce maintien serait de l’ordre de 90 %. Les élevages s’avèrent particulièrement performants avec un maintien atteignant 95,3 % pour les élevages porcins, 94,5 % pour les bovins viande ou encore 92,2 % pour les bovins lait. Les grandes cultures atteignent quant à elles 90,7 %.

Ce regain de confiance pourrait-il également s’expliquer par la nomination en juillet 2020 du nouveau ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie ? Après une succession de ministres largement décriés par le monde agricole ces dernières années, ce nouveau venu semble obtenir l’approbation d’un bon nombre d’agriculteurs, notamment sur les réseaux sociaux. Son implication dans des dossiers plus que controversés au regard du grand public mais très importants pour les agriculteurs, tels que le retour des néonicotinoïdes en betteraves, aurait-elle fait mouche ?

Lucie Petit