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Des mélanges fourragers à la carte chez Agri Bio Conseil

Devenir fabricant « impacte grandement le fonctionnement de l'entreprise », indique Matthieu Vignon (à droite), co-gérant d'Agri Bio Conseil avec Cécilien Boisseau.

Le négoce d’appros bio, basé en Ille-et-Vilaine, franchit cette année un nouveau cap, en lançant As de trèfle, pour être en mesure de fournir à ses clients des mélanges de semences fourragères sur mesure.

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Au fond du hangar, dans la périphérie de Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), Cécilien Boisseau présente le dernier investissement d’Agri Bio Conseil : une mélangeuse. Elle doit entrer en fonctionnement ce printemps. Début février, les derniers tests étaient en cours. Cécilien Boisseau codirige avec Matthieu Vignon le négoce spécialisé dans l’appro 100 % bio. Créé il y a plus de vingt ans par Bernard Séchet non loin de là, il a été repris en 2013 par Pascal Travers, puis par le duo en 2023.

Sept départements

Les quelque 1 200 clients sont en majorité des polyculteurs-éleveurs, installés dans un rayon de 150 à 200 km autour de Bain-de-Bretagne, soit sept départements de Bretagne et limitrophes. À la gamme, des semences de maïs, de céréales, des amendements, des produits pour animaux (seaux à lécher, antiparasitaires, un peu d’aliments…), mais surtout des semences fourragères. Cette spécialité historique pèse pour plus de la moitié du chiffre d’affaires, qui était de 4 M€ en 2025 pour 8 ETP. Les clients sont des agriculteurs bio, mais pas seulement. « Notre expertise étant reconnue, on a quelques conventionnels qui viennent, par le bouche-à-oreille, pour avoir des conseils pour leurs prairies », observe Cécilien Boisseau. Et le sujet intéresse de plus en plus. « Les éleveurs ont compris que, s’il y a un coût, le retour sur investissement est là », résume Matthieu Vignon.

Achat d’une mélangeuse

Côté fournisseurs, Agri Bio Conseil travaille avec tout le monde, sans affiliation à une centrale. « On tient à notre liberté, appuie Matthieu Vignon. On choisit les variétés qui nous intéressent ». D’où le projet de mélangeuse, pour aller plus loin que les mélanges des fournisseurs. Si les clients achètent rarement une variété seule, ils devaient ensuite faire eux-mêmes le mélange. La mélangeuse d’occasion a représenté un investissement de plus de 100 000 €. « Pour Agri Bio Conseil, c’est important, fait part Matthieu Vignon. Et surtout, réglementairement, on devient fabricant. Il a donc fallu mettre en place les processus adéquats, en termes de traçabilité et de qualité. On est vraiment dans une nouvelle démarche, qui impacte grandement le fonctionnement de l’entreprise, y compris dans la gestion des stocks. »

Pas d’intermédiaires

Cette garantie de qualité « rassure aussi les clients », ajoute Cécilien Boisseau. Le projet, imaginé par le duo il y a plus de dix ans, a mis près de deux ans à sortir des cartons. Aucune embauche n’est pour le moment prévue. L’offre As de trèfle sera déployée sur le terrain par les quatre TC (dont Cécilien Boisseau). Les processus et la qualité seront pilotés par Matthieu Vignon, épaulé par l’assistante commerciale et administrative, et l’assistante de direction. « Les premiers lots devraient partir ce printemps », se réjouit Matthieu Vignon. Tous les produits de la gamme, fourragères ou non, sont livrés par le chauffeur-livreur du négoce. « L’absence d’intermédiaire, le fait que l’on maîtrise tout, est appréciée par nos clients », appuie le codirigeant.

Comment le négoce a-t-il vécu la crise du bio ? « Globalement, on ne s’en tire pas trop mal », relativise Matthieu Vignon, mettant en avant la souplesse de la petite structure, et une expertise bio reconnue. « On a eu peu de déconversions, et elles ont été compensées par de nouveaux clients, recherchant un nouveau fournisseur bio », ajoute Cécilien Boisseau. Ils sont plus inquiets par la pyramide des âges, avec des départs en retraite sans reprise en bio garantie.

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