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Créer une veille pour l’entreprise

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La veille peut être multiple dans ses objectifs, ses cibles, ses outils et ses ressources. Elle peut participer à la culture générale, à nourrir les réflexions et les choix à faire, à alimenter des projets ou études et être alors un élément stratégique dans les décisions prises. C’est un volet à ne pas négliger si son utilité est bien sûr au rendez-vous. Des entreprises témoignent.

A l’ère des évolutions et transformations qui s’enchaînent et d’une information, voire aussi désinformation, circulant vite et en flux importants, la veille ne devient-elle pas un élément encore plus stratégique pour les entreprises ? Elle peut en effet participer à la réflexion ainsi qu’à la prise des décisions, et faire émerger de nouvelles idées. Et permettre également de mieux accompagner, voire anticiper les changements. Encore faut-il qu’elle soit efficace et utile. Sa mise en œuvre peut être multiple, multisupport (presse écrite, internet, colloques, webinaires…), avec l’usage de logiciels tel l’outil de veille média Meltwater, avec lequel la Scael édite une newsletter quotidienne pour ses dirigeants. La veille peut même faire l’objet d’une organisation poussée, à l’image du groupe Eureden qui a constitué une communauté de veilleurs (lire ci-contre). Voici quelques points issus de témoignages d’entreprises qui peuvent émailler votre réflexion dans ce domaine.

1Utiliser la richesse existante

Un premier point est déjà d’utiliser ce qui existe. Diverses organisations publient des revues de presse, des newsletters, des fils d’info. Ainsi, La Coopération agricole a son Scoop (lire ci-dessous) auquel plusieurs coopératives sont abonnées, comme Axéréal qui le fait envoyer pour l’instant aux managers, ou Euralis qui le diffuse aux activités du groupe. « Un outil très complet et bien fait sur tous les secteurs d’activité », estime Olivier Quero, directeur de la communication d’Euralis. Les interprofessions ont aussi des ressources à exploiter. Intercéréales envoie ainsi un panorama de la presse, via Kantar Média, aux quatorze structures qu’elle regroupe.

2S’adapter aux besoins

Aujourd’hui, le travail de veille est plus de trier l’information que d’aller la chercher. Tout l’enjeu est d’accompagner les collaborateurs dans ce dédale d’informations et de cerner leurs besoins. Chez Axéréal, le service de communication s’attache à être un appui pour chaque collaborateur dans le format qui correspond à sa façon de travailler. Il réalise ainsi une revue de presse hebdomadaire et de la veille sur des plateformes, pour envoyer des articles en privilégiant des formats très courts afin de répondre à un besoin d’efficacité.

3Partager en interne

Si le groupe Eureden a entrepris de créer son propre outil de partage de l’information en interne, d’autres entreprises ont recours à des outils déjà existants. Ainsi, Euralis fait plusieurs types de veille et utilise Workplace, outil de communication en entreprise de Facebook, comme support de diffusion et de partage de l’information. Cet outil permet de constituer des groupes de collaborateurs au sein desquels des contributeurs apportent de l’information. Il est utilisé pour organiser au mieux la veille sectorielle et la veille des bonnes pratiques existantes, qui s’avère également une veille concurrentielle. Pour la première, des groupes ont été créés par centre d’intérêt : par exemple, RSE, tendances alimentaires, marché des céréales ou encore bien-être animal. Pour la seconde, l’approche se fait par métier : technico-commerciaux, chefs de secteurs alimentaires… En général, 10 à 50 personnes participent par groupe, celui sur la RSE fait exception avec 1 500 collaborateurs. Sur les 3 000 personnes susceptibles dans le groupe de pouvoir se connecter, 2 000 utilisent Workplace. « La diffusion a fini par se réguler naturellement avec une publication par jour au maximum, avance Olivier Quero. Des groupes éphémères peuvent même être créés sur des projets. Cet outil participe à la réflexion et à la mission de chacun. »

4Relayer dans un réseau

Depuis deux à trois ans, le groupe Actura mène, avec sa cellule communication, un travail de veille à partir des réseaux sociaux qui vient compléter les informations alimentant deux newsletters hebdomadaires, l’une destinée aux dirigeants et responsables de service des négoces et coops du réseau, la seconde pour leurs forces de vente. « L’idée est de relayer ce que les uns et les autres font, les initiatives, les messages portés aux clients agriculteurs », relate Vincent Benoist, directeur communication. Pour cela, il a mis en place une liste des entreprises négoces et coopératives du réseau sur Twitter, des systèmes d’alerte sur leurs posts sur LinkedIn et aussi sur Facebook où certaines sont très actives. La veille réglementaire réalisée par un collaborateur d’Actura, depuis des alertes sur les parutions au JO, nourrit également ces newsletters.

5Se former

Plusieurs formations sont proposées par divers organismes. L’une d’elles a retenu notre attention : « Créer et optimiser son dispositif de veille pour gagner en efficacité », de Comundi compétences. Organisée sur deux jours, elle a pour intérêt de faire travailler les participants à deux cas pratiques : « Identifier la solution la plus adaptée à vos problématiques en termes de besoins, de contraintes techniques et de budget » et « Calculer le retour sur investissement de la mise en place d’une dynamique de veille ». La prochaine session se déroule les 19 et 20 mai en distanciel, animée par Jérôme Bondu, consultant en veille et intelligence économique.

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Le Scoop hebdomadaire de La Coopération

Chaque jour à La Coopération agricole, Arnaud Camuset guette la moindre information qui passe sur différents supports de presse pour remplir sa newsletter hebdomadaire Scoop, qui peut monter jusqu’à huit pages et une centaine de brèves résumant des articles parus sur différents secteurs et pouvant intéresser les coopératives agricoles. Pour réaliser ce panorama, le responsable veille de LCA a établi un plan quotidien qui l’amène à parcourir les journaux nationaux, régionaux comme Ouest-France, ou agricoles et diverses newsletters, à relever ses alertes Google et Talkwalker et à faire un tour sur les réseaux sociaux Twitter, avec son outil TweetDeck, et LinkedIn. « Je n’utilise pas de logiciel car ma veille est très large, de la fourche à la fourchette et pour toutes filières. En revanche, pour les gestions de crise, nous utilisons l’outil payant Meltwater », précise Arnaud Camuset. Ce travail dense d’information est diffusé sur abonnement aux coopératives qui le font circuler auprès de leur conseil d’administration, leur Comex ou encore les principaux cadres. D’autres acteurs, cabinets d’assurance, banques, sont également abonnés.

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