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La Scara évalue les services écosystémiques des exploitations

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« Pour que les services écosystémiques rendus par les exploitations de nos adhérents aient une valeur, il faut déjà pouvoir les mesurer », considère Philippe Michonneau, responsable pôle agronomie, innovation et services de la Scara. © Chantal URVOY

La coopérative teste une vingtaine d’indicateurs environnementaux dans 33 exploitations pour, à l’avenir, monnayer les services écosystémiques rendus par ses adhérents.

«Dans le cadre de notre stratégie filières, nous suivons déjà des indicateurs depuis 2013, notamment l’IFT, le solde azoté, les émissions de gaz à effet de serre, la microbiologie du sol…, note Philippe Michonneau, responsable pôle agronomie, innovation et services de la Scara. Nos clients s’en servent pour communiquer mais cela n’entraîne pas, pour l’instant, d’évolutions majeures des cahiers des charges. » Pour poursuivre ce travail et enrichir le nombre d’indicateurs, la coopérative a lancé une thèse réalisée par Emma Soulé avec l’Inrae de Colmar et l’université de Lorraine, dont la soutenance aura lieu fin 2022. Objectif à moyen terme : obtenir un revenu supplémentaire grâce aux services écosystémiques rendus à la société par les adhérents.

Données parcellaires et modélisation

Pour cela, une vingtaine d’indicateurs sont étudiés : ceux déjà suivis depuis 2013 auxquels s’ajoutent la pollution de l’air par les phytos et l’ammoniaque (issu de l’azote) et celle des eaux superficielles et souterraines par les phytos et les nitrates, l’érosion, le stockage du carbone et la teneur en matière organique, les pertes en phosphore, la biodiversité (insectes pollinisateurs, oiseaux, vers de terre…)… Les mesures ont été réalisées sur trois campagnes de 2017 à 2020 dans 33 exploitations, dont près de la moitié en conduite classique (fertilisation minérale quasi exclusive notamment) et 20 % en TCS ou travail très superficiel du sol avec apports minéraux et organiques. S’y ajoutent des exploitations plus originales avec de l’agriculture de conservation (couverture permanente des sols, apport exclusif de matières organiques…). Les données parcellaires ont été complétées par des prélèvements sur le terrain pour des analyses physico-chimiques et microbiologiques du sol. La pollution de l’air et de l’eau et le stockage du carbone ont été évalués grâce à des indicateurs prédictifs et des modèles développés par l’Inrae. Les données de certains indicateurs ont déjà été analysées avec des premiers enseignements à la clé (lire l’encadré).

Intéresser les clients filière ou hors secteur

« Cela va nous permettre en premier lieu d’aider nos adhérents à améliorer leurs pratiques pour réduire les impacts environnementaux de leurs systèmes. Il faut ensuite que les résultats issus de cette évolution confirment ceux de la thèse avant de voir comment intégrer ces éléments dans les cahiers des charges clients et/ou chercher de la valeur ajoutée via les services écosystémiques produits. » Et de pointer : « Les premiers services qui semblent vouloir être valorisé sur le marché volontaire aujourd’hui sont le stockage du carbone et la réduction des émissions de gaz à effet de serre au travers des crédits carbone. Dans un premier temps, cela n’intéressera pas forcément nos clients aval, mais plutôt des opérateurs hors secteur dans le cadre de leur démarche RSE », conclut Philippe Michonneau.

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Les 33 exploitations suivies peuvent stocker 3,3 t/ha de carbone sur une période de 30 ans à système constant. « Ceci peut être amélioré, notamment en généralisant le travail du sol superficiel ou encore la couverture des sols, et en augmentant les apports de matières organiques », assure Philippe Michonneau. Grâce à l’utilisation de l’analyse de sève pour piloter l’azote, les émissions de GES ont été réduites de 6 % en blé et 8 % en orge de printemps sur les cinq dernières années. « Nous pouvons encore aller plus loin en changeant la forme d’azote utilisée. » Autre constat : les parcelles qui n’ont pas subi d’érosion ont une quantité de bactéries et de champignons (donc une mycorhization) plus élevée. Il en résulte une meilleure exploitation des réserves du sol (eau et nutriments) par les plantes.

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