Comme pour toutes les autres cultures, la sécheresse de 2018 n'a pas épargné la luzerne, même si c'est « certainement une des cultures les moins impactées car il y a plusieurs récoltes », nuance Éric Masset, président de Coop de France Déshydratation. Résultat : une production française de luzerne déshydratée qui s'élève à 741 000 t en 2018, en chute de 15 % par rapport à 2017, et de 5 % par rapport à la moyenne des six dernières années.

« Le démarrage de campagne était prometteur, mais les troisième et quatrième coupes ont été très touchées par la sécheresse », explique Pierre Begoc, le tout nouveau directeur adjoint de Désialis. En effet, selon la coopérative, les première et deuxième ont montré un rendement de + 0,5 t granulés/ha par rapport à la moyenne des neuf dernières années, alors que les troisième et quatrième coupes affichent -1 t granulés/ha. À l'échelle européenne, la production accuse une baisse de 8,5 % par rapport à 2017. L'Espagne, premier producteur avec 43 % de la production européenne, devant la France (24 %), a subi une chute de sa production de 7 %. L'Italie, troisième, n'a perdu que 3 %. La protéine a elle aussi souffert du manque d'eau. En 2018, le taux de protéines a chuté à 17,22 % contre 18,36 % en 2017, selon les chiffres de Désialis. « On aimerait la voir remonter à 18 % en 2019, c'est davantage en phase avec les standards », commente Pierre Begoc.

Cette sécheresse ne sera pas sans impact sur les années à venir, « les stocks de report ont été drastiquement atteints, on a gommé le matelas de sécurité », avance-t-il. D'autant qu'au niveau européen, il y a eu une surconsommation de balles estimée entre 40 000 et 60 000 t, dont 15 000 t en France et 30 000 t en Allemagne. Autre élément à surveiller, la production 2019 pourrait être impactée par les mauvaises conditions de semis en 2018. « C'est un risque, les luzernes ont levé mais sont petites, le potentiel n'était pas aussi bon qu'en 2017 », estime le DGA de Désialis.

Lucie Petit