Touché à son tour par la crise du marché du sucre, le n° 1 mondial Südzucker annonçait fin janvier la réduction de sa production de 700 000 t. Quinze jours plus tard, le couperet tombe et la France paye un lourd tribut : sa filiale Saint Louis Sucre annonce la fermeture, après la campagne 2019-2020, des sucreries de Cagny (Calvados) et d'Eppeville (Somme), transformées en centres de stockage. Le site de conditionnement de Marseille se recentre sur la production de sucre liquide avec 5 emplois maintenus sur 58. Le centre de stockage d'Aulnois-sous-Laon (Aisne) cesserait son activité.

Au total, ce sont 36 000 ha de betteraves, 500 000 t de sucre, soit près de 10 % de la production française, 2 300 planteurs (sur 4 730) et 280 salariés permanents (sur 770), sans compter les emplois saisonniers, qui seraient concernés par cette restructuration. À Cagny, seuls 8 emplois seraient préservés sur 85. À Eppeville (photo), sucrerie construite en 1920, seuls 10 salariés sur les 132 resteraient sur le site, mais un reclassement dans les deux établissements de Roye sera proposé aux 122 autres.

Si la CGB se mobilise pour « défendre et trouver des solutions pour le devenir des planteurs et l'avenir de sites industriels », la CGT a quant à elle dénoncé « une mise en cause fondamentale de l'un des fleurons de notre industrie nationale ». Pour le syndicat de travailleurs, « Südzucker privilégie à l'évidence sa production en Allemagne et dans son arrière-cour d'Europe centrale et de l'Est ».

Renaud Fourreaux