Les relations entre les États-Unis et la Chine pourraient impacter le marché du sorgho grain, à moins que le climat ne se réchauffe entre eux. En effet, la Chine est devenue depuis cinq à six ans un consommateur et importateur conséquent de sorgho grain, surtout utilisé en alimentation animale. Toutefois, lors de la dernière campagne, les achats chinois ont fortement reculé en raison d'une moindre compétitivité du sorgho par rapport au maïs ou à l'orge. Cette tendance baissière pourrait s'accentuer pour la campagne en cours, si les relations restent tendues avec les États-Unis, prédisait Arvalis, lors d'une conférence de Semences de Provence sur le sorgho.

Si la Chine freine ses achats américains, elle pourrait se retourner vers l'Australie où les surfaces en sorgho augmentent avec un coût du fret bien moindre, ou vers l'Argentine. De leur côté, les Américains pourraient se tourner vers le Mexique, qui était très consommateur de sorgho, renforcer leurs exportations vers l'Afrique et venir sur le marché européen, dont celui de l'Espagne aux droits d'accès intéressants.

La France maintiendrait quand même ses débouchés vers l'Espagne. Elle y exporte 84 000 t et s'avère le premier pays exportateur de sorgho dans l'UE. Toutefois, il faut compter aussi avec la Russie et l'Ukraine qui exportent respectivement 22 000 t en Italie et 58 000 t en Espagne.

Hélène Laurandel