La crise sanitaire du coronavirus a au moins un effet positif pour la planète : les émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement climatique, sont au plus bas. Le confinement imposé face à la pandémie a fait chuter drastiquement les émissions quotidiennes de CO2, de l’ordre de 58 % en Europe, et de  55 % en France par rapport à la normale, selon une étude du cabinet Sia Partner publiée début avril. Et si cette situation devait durer plus de 45 jours, ce sont près de 5 % des émissions annuelles de l’UE qui pourraient être évitées en 2020. Toutefois, si cette situation s’avère bénéfique à court terme, la réduction de ces GES sur le long terme n’a jamais aussi été aussi primordiale qu’en 2020, notamment pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Le réchauffement climatique est inéluctable. Si s’y adapter est aujourd’hui nécessaire, l’atténuer est une priorité encore plus grande.

Un accord mondial historique

En décembre 2015, à l’issue de la Cop21, l’Accord de Paris a été signé par 195 pays. Cet accord vise à « renforcer la riposte mondiale à la menace des changements climatiques, en contenant l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C ». Les parties doivent parvenir, dans les meilleurs délais, au plafonnement mondial des émissions de GES et, par la suite, les réduire rapidement afin d’atteindre un équilibre entre émissions et absorptions de GES au cours de la deuxième moitié du siècle. L’Union européenne s’est fixé l’objectif de réduire ses émissions de 40 % en 2030 par rapport à 1990. L’accord met également en place un nouveau cadre facilitant les politiques nationales et transnationales de tarification carbone pour accompagner la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Une stratégie nationale ambitieuse

Afin d’amorcer cette transition, la France a dévoilé le 17 août 2015 sa feuille de route, la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Elle fixe aussi le cap de la neutralité carbone en 2050, inscrit dans la loi par le Plan climat de septembre 2017. Cette neutralité se traduit par une division par six des émissions de GES par rapport à 1990, ainsi que par l’augmentation de l’absorption de GES par les puits de carbone. La France doit, dans un premier temps, réduire ses émissions de 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. Des budgets carbone par période de cinq ans, c’est-à-dire des plafonds d’émissions à ne pas dépasser, ont donc été fixés. Ces objectifs se déclinent pour chacun des six secteurs d’émissions de GES (voir infographie p. 24-25). L’agriculture, qui représente 19 % des émissions françaises, doit les réduire, par rapport à 2015, de 18 % en 2030 et 46 % en 2050. Mais elle doit aussi, avec la forêt, maximiser les puits de carbone. Si cet objectif de  18 % en 2030 semble léger face aux autres secteurs d’activité ( 49 % pour les bâtiments ou  28 % pour les transports), l’atteindre ne va pas être une mince affaire. Ses émissions sont majoritairement non énergétiques, et donc difficilement réductibles. En 2018, l’agriculture a émis 86 Mt éq CO2 réparties comme suit : 48 % par l’élevage (41,28 Mt éq CO2), 41 % par les cultures (35,26 Mt éq CO2), et 11 % par la consommation d’énergie (9,46 Mt éq CO2). Elles se composent à 45 % de CH4, issu de l’élevage du fait de la fermentation entérique des ruminants, et de 43 % de N2O lié notamment à la fertilisation azotée des cultures.

Le monde agricole doit retrousser ses manches afin de relever ce défi. Coopératives et négoces sont en première ligne pour accompagner les agriculteurs dans cette transition.

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La multiplication des épisodes de sécheresse (ici en Haute-Saône) est l’une des conséquences du réchauffement climatique à laquelle les exploitations agricoles doivent désormais faire face., Cédric FAIMALI © Cédric FAIMALI