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Valorex valorise les légumineuses à graines

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Valorex valorise les légumineuses à graines

Forte de sa nouvelle tour de fabrication et du projet Proleval sur la valorisation des légumineuses en nutrition animale, Valorex contribue à la création de filières, des variétés sélectionnées pour leur profil nutritionnel jusqu’aux formules des aliments.

Fondée en 1993, Valorex s’est fait une spécialité de la valorisation des graines oléagineuses et protéagineuses en commençant par le lin. L’entreprise accentue ses actions autour du soja et du pois, mais surtout de ses deux nouvelles stars, la féverole et le lupin. Au-delà du traitement technologique de cuisson-extrusion, elle vise la construction de filières sécurisant en volume et en caractéristiques nutritionnelles les graines qu’elle achète. « Précurseurs d’une économie agricole verte et vertueuse, nous prônons depuis près de trente ans la culture des graines oléagineuses et protéagineuses essentielles à l’équilibre nutritionnel des sols et à la densité nutritionnelle en alimentation animale », explique Stéphane Deleau, son PDG.

À l’origine du projet de recherche Proleval avec l’Inrae, Terrena et Dijon céréales, d’un montant de 17 M€ soutenu par la BPI et qui a duré 6 ans, Valorex concrétise industriellement ses résultats dans sa nouvelle tour de production accolée à son site historique de Combourtillé (Ille-et-Vilaine). Inaugurée le 22 mars, la ligne dédiée aux légumineuses démarre avec dix nouveaux silos pour trier les graines selon leur variété et leur origine. Elle se poursuit avec le triage, le fractionnement (dont un broyeur à cylindre), le mélange et la séparation des composants pour la concentration en protéines. Les 3,5 M€ d’investissements ont servi aussi à rénover une des lignes de cuisson-extrusion jusqu’au séchage/refroidissement pour finaliser la transformation. L’entreprise a bénéficié du Plan de relance à hauteur de 800 000 €.

Passer de la recherche au produit commercial

Le projet de recherche Proleval a la particularité d’avoir couvert toute la chaîne, de la graine à la mangeoire, la sélection des variétés d’intérêt étant une des clés pour optimiser la digestibilité réelle des nutriments chez les animaux. Il a permis de tester 269 itinéraires techniques et 698 variétés de lin, lupin, féverole et pois, ainsi que 3 041 modalités technologiques (combinaisons de traitement des graines, mécanique, enzymatique, thermomécanique, séchage et refroidissement). 1 354 tests ont été réalisés en station et en élevage sur des poulets de chair, des poules pondeuses, des porcs et des ruminants.

Les combinaisons retenues dans la gamme Inevo, qui concrétise commercialement le tout, affichent des améliorations jusqu’à 41 % de l’empreinte carbone par rapport à des aliments standards contenant du soja importé sans dégradation des performances, + 48 % de l’énergie métabolisable, + 36 % de la protéine digestible par rapport à des graines conventionnelles non traitées thermiquement.

Sécuriser les appros

« Parallèlement au développement de la filière lin oléagineux dont Valorex contractualise déjà 15 000 ha à travers la France, l’entreprise poursuit le déploiement des légumineuses. Elle vise une hausse de 300 % des contractualisations pour la féverole et le soja par rapport à 2020, soit 25 000 ha d’ici trois à cinq ans. Cela représentera environ 15 % de la production française actuelle de féverole, qui est de 79 000 ha cultivés en 2020 », résume Stéphane Deleau.

Le développement passe par une contractualisation avec des OS dans chaque zone (lire encadré) qui sécurise les approvisionnements. « Nous avons traité 12 000 t l’an dernier, nous espérons en traiter 40 000 t dès l’an prochain puis 80 000 t à l’horizon 2025 », complète Béatrice Dupont, directrice exécutif nutrition animale. « Évidemment, 80 000 t de graines cuites en 2025 ne couvriront pas le volume de soja importé, mais c’est un début significatif et prometteur. Et surtout, c’est un volume que seule Valorex peut atteindre aujourd’hui », insiste Stéphane Deleau.

Un business model de licences

Avec 22 nouvelles embauches qui portent à 120 le nombre de ses collaborateurs et des postes encore à pourvoir, Valorex envisage un CA entre 90 et 95 M€ en 2022, contre 85 M€ en 2021, en commercialisant ses produits mais aussi en développant son modèle de partenariat sous licence. Proleval a ainsi généré une grande activité en matière de propriété intellectuelle puisque l’entreprise a déposé deux nouveaux brevets. Renforçant son modèle qui compte déjà quatre partenariats industriels en France (Tromelin, Ekoranda avec Terrena, Promash avec RAGT, Chays) et trois à l’international (production sous licence en Allemagne, Suisse et Autriche), Valorex vise la duplication de son procédé Prodival dans au moins deux autres sites d’ici fin 2022.

Nutrition humaine aussi

« L’international est clairement une de nos voies de développement », ajoute Béatrice Dupont, qui vient de voir son champ d’intervention élargi puisqu’elle prend aussi la direction exécutive de la nutrition humaine. Outre ses deux usines en alimentation animale en propre (Combourtillé et Châtillon-en-Vendelais), Valorex possède en effet une unité destinée à l’alimentation humaine depuis une dizaine d’années. Celle-ci va d’ailleurs faire l’objet d’un investissement de 750 000 € d’ici la fin de l’année. « Nous élargissons notre gamme de produits nutri-fonctionnels et nous augmentons notre capacité de production », détaille la responsable.

La stratégie en nutrition humaine s’inscrit dans la même dynamique qu’en nutrition animale : valoriser au mieux les matières premières pour répondre aux enjeux sociétaux d’approvisionnement local, de non-déforestation, de non-OGM. La gamme se positionne également comme outil pour réduire le recours aux additifs.

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« Valorex vise une hausse de 300 % des contractualisations pour la féverole et le soja par rapport à 2020, soit 25 000 ha d’ici trois à cinq ans », annonce Stéphane Deleau, son PDG., Y. BOLOH © Y. BOLOH
À Combourtillé (Ille-et-Vilaine), la nouvelle tour de production de Valorex, pour la préparation des graines de légumineuses avant leur traitement par cuisson extrusion, a été inaugurée le 22 mars., Y. BOLOH © Y. BOLOH
La gamme Inevo concrétise la valorisation des légumineuses en alimentation animale., Y. BOLOH © Y. BOLOH
Des contrats filière répartis en France
WATIER-VISUEL, © WATIER-VISUEL

Valorex a établi des partenariats avec plusieurs OS, selon la zone et la culture concernée. Pour la féverole, la société travaille sur la zone Bretagne et les départements limitrophes avec, notamment, Eureden, Agrial, Garun Paysanne, Terrena, Le Gouessant, Coop de Creully, Cereos, D2N. Dans le Centre, avec Axéréal, Terris Union, Villemont. Dans la zone Nord-Est, elle est associée entre autres avec Noriap, Dijon céréales, 110 Bourgogne. Et dans la zone Ouest-Sud, avec Terre Atlantique, Cavac et RAGT. Pour le soja, les partenariats se situent principalement dans le Sud-Ouest avec le groupe Agreos, Alliance Occitane, Océalia et Terre du Sud. « Nous travaillons aussi avec des négoces du centre et de l’est de la France », complète Guillaume Chesneau, directeur exécutif métiers industrie, sourcing, recherche et innovation.

« L’engagement pluriannuel est pris sur les surfaces. Nous assumons le risque de volatilité des rendements. Le contrat comporte aussi des impératifs sur la traçabilité des pratiques et l’analyse des échantillons », détaille le directeur. Les prix sont encadrés par un maximum et un minimum garantis avant le semis, avec une indexation sur les autres cultures de la zone, et une incitation à la traçabilité et à la qualité.

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