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La balance commerciale alimentaire française à peine positive

La France a vu ses importations agricoles et agroalimentaires s'intensifier en 2025, alors que l'export est à la peine sur un certain nombre de segments de marché.

Le solde des échanges commerciaux agricoles et alimentaires de la France se dégrade encore en 2025. Plusieurs facteurs ont favorisé cette situation ces derniers mois.

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La balance commerciale agricole et alimentaire française continue une descente pas loin d’être olympique. Les derniers chiffres dévoilés par les douanes le 6 février font état d’un excédent alimentaire de 200 M€ seulement sur l’année 2025 (contre 4,9 Mds€ en 2024) ! Plus en détail, le solde agroalimentaire se maintient dans le positif avec un excédent de 0,5 Md€ quand le solde agricole dégringole de presque 1 Md€, à -0,3 Md€. « Le solde le plus faible depuis l’an 2000 », constatent les douanes françaises. La France a exporté pour 84,2 Mds€ de marchandises agricoles ou agroalimentaires quand elle en a importé pour près de 84,1 Mds€.

Le CNPA (Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires), qui réunit les principales organisations des filières agricoles, dont Intercéréales et La Coopération agricole, ne peut que déplorer ces résultats. « La France enregistre un décrochage massif de son solde commercial sur les produits agricoles et agroalimentaires, avec des exportations qui progressent beaucoup moins que nos importations », analyse son président Yannick Fialip dans un communiqué. L’organisation voit une publication qui « entérine le déclassement de la France parmi les grandes puissances exportatrices ».

Des vents défavorables

Il faut dire que l’année 2025 a été bien tourmentée. La fièvre de taxes américaines du président Trump et la parité euro-dollar défavorable auront, par exemple, particulièrement freiné les exportations de vins et spiritueux, avec un recul de 20 % vers les États-Unis et de 7 % au global. Un coup dur pour la locomotive des exports agroalimentaires français. Pour les produits à base de viande, le solde s’est aussi dégradé, plongeant à -3,9 Mds€. Les produits laitiers se maintiennent au-dessus de la zone de flottaison à + 2 Mds€, mais sont aussi en recul.

Pour les produits agricoles bruts, il faut noter le poids de la récolte céréalière 2024 catastrophique tant en termes de volumes que de prix, ce qui a fortement appuyé sur les résultats hexagonaux à l’export. Mais une balance est une affaire de flux et, si côté export la valeur a pourtant progressé de 4 %, les chiffres des importations ont grimpé de 8,9 % sur un an à 19,7 Mds€. Les principaux produits responsables ? Cacao ou encore café, dont les cours mondiaux se sont envolés.

« L’erreur stratégique » de la montée en gamme

Face à cette situation, le CNPA en appelle aux responsables politiques pour changer de braquet. « Nous appelons les pouvoirs publics à un sursaut », insiste Yannick Fialip, qui espère voir s’installer « sans plus tarder un plan de relance coordonné pour que la France redevienne une grande puissance exportatrice agricole et agroalimentaire ». Car si les éléments conjoncturels décrits précédemment ne sont pas écartés par l’organisation, le CNPA souligne les raisons structurelles de ces résultats.

En particulier « l’erreur stratégique qui a amené à privilégier la montée en gamme de la production française comme priorité à l’export, et à perdre ainsi en compétitivité sur l’entrée et le cœur de gamme ». Tout en pointant également le « poids des normes et une insuffisance de soutien public coordonné ». Autre inquiétude, « le déséquilibre croissant avec nos concurrents européens » quant au soutien public à l’export, notamment pour assurer la promotion des produits hexagonaux à l’étranger.

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