Vu en Allemagne Le système Plocher, la fertilité des sols comme leitmotiv
L’Allemagne ayant toujours été précurseur dans l’agroécologie, le fabricant de fertilisants organiques Plocher en a fait un tremplin pour se développer dans le monde entier. La petite entreprise a diffusé son concept et sa méthode à l’aide de centaines de revendeurs.
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Au bord du lac de Constance, dans le sud de l’Allemagne, la société Plocher a développé une large gamme de produits sur la base de la recherche du vivant. Initiée en 1980, créée réellement en 1992, elle a connu un développement national rapide où plusieurs centaines de revendeurs, petites coopératives ou structures privées, ont sensibilisé les agriculteurs de tout type au respect de la structure du sol, un facteur fondamental de sa fertilité.
Restaurer l’activité biologique
« Le principe est simple, il s’agit de remettre le vivant au cœur des systèmes de production », aime à dire Monika Junius, présidente de l’entreprise. « Il faut redonner sa fertilité aux sols, en restaurant son activité biologique, ce qui permet de régénérer la matière organique. »
Au début des années 2000, la politique agricole allemande prend deux voies décisives. La première, c’est la volonté exprimée de développer l’énergiculture qui se traduira par la succession de quatre plans d’aides financières à la construction de méthaniseurs. Plus de 10 000 sont d’ailleurs en activité aujourd’hui. La seconde, c’est l’accent mis sur la préservation des sols, en développant le semis direct, les couverts végétaux, les apports de fertilisants sous la forme d’épandage des lisiers et en réduisant le recours à la chimie.
« Roland Plocher était un précurseur, souligne Monika Junius. Ses travaux sur la fertilité des sols, l’épuration de l’eau et la valorisation des boues de digestat font l’unanimité auprès de ceux qui les ont adoptés. On constate des améliorations sensibles et rapides de la structure des sols, moyennant des coûts faibles à l’hectare, sans utiliser la chimie. Il ne s’agit pas de passer d’un système classique au système Plocher du jour au lendemain, mais bien d’adapter sa production progressivement pour faire une transition du milieu et bien maîtriser les produits. Nous recréons simplement le bon milieu, originel, plutôt que de le forcer avec des produits chimiques. L’idée n’est pas forcément de produire plus, mais de façon plus rentable et saine, en se servant des éléments fondamentaux de la nature. »
Des représentants indépendants
Le succès a été immédiat en Allemagne, tant la sensibilisation vers un retour au naturel était puissante. La notoriété et la crédibilité dépassent très largement les frontières. En se rendant visible dans les salons, notamment Agritechnica, Plocher, avec sa gamme de produits fabriqués à Meersburg, va connaître un développement international retentissant. « Nos stands sont visités par des représentants de tous les continents. Des Chinois nous ont même proposé de nous racheter tant ils ont des problèmes de fertilité de leur sol, à force de les matraquer », fait savoir Pierre Brotier, le représentant français de Plocher. « Nous avons des solutions pour tout type de milieu et de climat. »
L’entreprise a choisi de se développer par des bureaux d’indépendants à l’étranger. Roland Plocher, aujourd’hui décédé, a parcouru le monde pour répondre à une problématique que l’on retrouve partout : l’appauvrissement des sols. Il a installé des représentants de la marque dans plus de cent pays. « Lors d’un salon, un agriculteur du Paraguay se montre très intéressé, se souvient Monika Junius. Il deviendra le représentant exclusif pour plusieurs autres pays sud-américains, dont le Paraguay et le Brésil où il a utilisé notre gamme de fertilisants. L’intensification des cultures de maïs et soja y est désastreuse, les sols appauvris, nos produits répondent parfaitement à la nécessité de récréer un environnement riche en matière organique. » Il en sera de même en Australie, en Indonésie et dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est.
En Europe, outre l’Allemagne, deux pays vont être particulièrement demandeurs. La Pologne d’abord, où un vétérinaire découvre les bienfaits de la gamme sur la santé des vaches laitières. « Il a rapidement compris qu’il allait perdre une partie de son travail mais, par éthique et honnêteté intellectuelle, il va promouvoir les produits Plocher auprès de tous ses clients. » La coopérative laitière, Piatnica, en fait alors un élément incontournable de sa politique technique. Aux Pays-Bas aussi, du fait de l’intensification des cultures et du développement des méthaniseurs, les agriculteurs ont rapidement plébiscité la gamme de fertilisants et de valorisation des digestats des méthaniseurs.
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