Avec des rendements en chute pour cause de jaunisse et sécheresse, et une production qui a reculé de 30 % à 26,3 Mt, la France vient de vivre une très mauvaise année betteravière. Mais les cours mondiaux, bien que chahutés par le Covid, sont repartis à la hausse. Résultat, les trois principaux sucriers français ont pu annoncer une première augmentation du prix des betteraves pour la récolte 2020, à 25,30 €/t pour Tereos, 25,50 €/t pour Cristal Union, et 25,56 €/t pour Saint Louis Sucre. Et les trois groupes se disent optimistes quant à l’évolution des cours dans les mois à venir, ce qui devrait leur permettre d’augmenter à nouveau le prix payé aux producteurs en 2021 et 2022. Tereos n’a rien précisé, mais Cristal Union a annoncé 26 à 27 €/t pour 2021, avec l’objectif d’atteindre 30 €/t dans un avenir proche. Plus prudent, Saint Louis Sucre s’est engagé sur un prix minimum garanti de 25,70 €/t en 2021, pour 70 % du contrat, et 25,31 €/t en 2022, pour 100 %.

« Les cours devraient continuer à monter »
Daniel Calmejane, directeur des ventes à l’industrie et à l’export chez Saint Louis Sucre, B. CAILLIEZ © B. CAILLIEZ

« Après avoir repris des couleurs fin 2019, les cours mondiaux ont chuté drastiquement de 33 % entre mars et mai 2020, avec le Covid. Ils se sont ensuite redressés pour atteindre au plus haut, en février 2021, 342 $/t pour le sucre brut et près de 400 €/t pour le blanc. La production a baissé au Brésil, l’année était à nouveau déficitaire en sucre, les cours du pétrole ont remonté et les fonds de pension se sont intéressés au sucre. Depuis, le marché a repris son souffle mais nous sommes optimistes quant à l’évolution des cours sur 2021-2022. Les négociations avec nos clients industriels se déroulent dans un contexte plus favorable qu’il y a un an. On note des éléments haussiers comme une forte sécheresse au Brésil, un arrêt de la dépréciation du réal et le renchérissement du pétrole qui incite les producteurs brésiliens à produire plus d’éthanol, mais aussi des facteurs baissiers, notamment une prévision de forte production en Inde. La somme des deux devrait tout de même conduire à une remontée des cours. »