La production et la consommation de maïs ne sortent pas de leur course-poursuite permanente. Le défi est d’autant plus délicat que la Chine a débarqué de manière fracassante la campagne passée pour s’installer directement comme l’importateur numéro 1. La hausse des surfaces de seulement 2 % aux États-Unis n’est pas suffisante pour dépasser les 400 Mt et donner de l’air à ce marché. L’USDA faisait le pari en août d’une production à 375 Mt, basé sur un rendement de 109 q/ha. Au 30 juin, les stocks y étaient au plus bas, notamment ceux à la ferme, les agriculteurs ayant vendu beaucoup plus vite que d’habitude en raison des prix. « Il n’y a pas la place pour le moindre accident climatique aux États-Unis », résumait Sébastien Poncelet, analyste chez Agritel début juillet, et dans tous les cas cette situation tendue « va entraîner un rationnement de la demande en maïs dans le monde et donc davantage de consommation de blé ».

« Pas l’année où le Brésil devait faillir »
Sébastien Poncelet, analyste et directeur du développement chez Agritel, Agritel © Agritel

« Du fait du déficit hydrique et d’un épisode de gel sur le centre sud du pays, le Brésil va peut-être connaître sa plus mauvaise production de maïs de ces dix dernières années. L’organisme agricole officiel du gouvernement, la Conab, l’a évaluée à 93 Mt en juillet, mais la plupart des analystes l’estiment comprise entre 85 et 90 Mt (alors que l’USDA la chiffrait encore à 108 Mt ce printemps).

Et ce n’était pas l’année où le Brésil devait faillir et perdre ces volumes. Il est vrai que régulièrement, il survient un accident de production dans cette région du monde. Cela a été le cas en 2015 et en 2017, mais on n’en a pas tant parlé que ça à l’époque, car il y avait des stocks aux États-Unis. Alors que là, les réserves américaines sont au plus bas, l’Ukraine n’a plus grand-chose à vendre non plus, et la Chine a siphonné les stocks. Elle a été de très loin l’importateur numéro 1 en 2020-2021, avec plus de 25 Mt, et si elle poursuit sur cette lancée, ce qui semble le cas, le maïs continuera à être un driver en 2021-2022. »