Lors de la publication de son 35e rapport Cyclope sur les marchés mondiaux, Philippe Chalmin, codirecteur de l’ouvrage, a souligné les niveaux de prix record atteints pour le cuivre, le minerai de fer ou même les commodités agricoles. « Les matières premières sont en première ligne de toutes les tensions géopolitiques de la planète », explique-t-il, en citant celles entre la Russie et l’Ukraine, entre les États-Unis et la Chine, ou encore entre l’Australie et la Chine. Tout en nuançant : « Nous avons des tensions agricoles, mais il ne faut pas les exagérer. Nous devrions avoir une récolte céréalière mondiale record en 2021. » Fin juin, cette dernière était estimée à 2 301 Mt par le Conseil international des céréales, en hausse de 4 % par rapport à l’année dernière.

Des doutes sur la Chine

Une nouvelle fois, la Chine est au centre des attentions, puisqu’elle aura probablement importé plus de 50 Mt de céréales (blé, maïs, orge, sorgho) en 2020-2021, soit le double de la campagne précédente. Va-t-elle devenir structurellement le premier importateur mondial de grains ? Philippe Chalmin n’est pas capable de répondre. L’économiste s’est également montré sceptique sur la crédibilité et la transparence des marchés à terme chinois, en mettant en avant l’extraordinaire volatilité des volumes traités d’une année sur l’autre et l’absence d’organismes de contrôle dignes de ce nom.