Annoncée cet été, l’interdiction de l’installation des chaudières à fioul utilisant un combustible 100 % fossile, à compter du 1er janvier 2022, a précipité le projet de la FF3C, initialement programmé pour 2024. Si le biofioul dans la limite de 7 % est déjà une réalité, c’est un objectif à 30 % d’incorporation d’ester méthylique de colza dans le fioul (F30) qui est visé, huile choisie pour sa tenue au froid ( 15 °C), sa stabilité au stockage et son origine française. Une expérimentation débute en Corrèze cet hiver, où trois collèges et un établissement public seront alimentés en F30.

Cette « excellente nouvelle » a été saluée par Arnaud Rousseau, président de la Fop : « ça reste un petit marché par rapport au B7 », mais cela représenterait, en se basant sur les 7 Mm3 de fioul livrés par an, et dans la perspective d’une généralisation d’un F10 à long terme, 700 000 m3/an d’ester de colza (à comparer aux 2,5 Mm3 d’ester incorporés chaque année en France dans le gazole). Un débouché qui viendrait plutôt compenser la dédieselisation du parc automobile français (de 1 à 3 %/an).

78 % prêts à l’utiliser
Éric Layly, président de la FF3C (Fédération française des combustibles, carburants et chauffage),

« Troisième énergie de chauffage en France, le fioul domestique équipe près de 4 millions de logements, et sa consommation diminue de 5 % par an pour des raisons d’amélioration énergétique des bâtiments. Selon un sondage OpinionWay réalisé en août dernier, 97 % des consommateurs apprécient le chauffage au fioul pour son efficacité et le confort qu’il procure, 67 % ne souhaitent pas changer de mode de chauffage, et 78 % se disent prêts à opter pour le biofioul, qui visiblement suscite un intérêt. De notre côté, on y travaille depuis deux ans. Les essais ont déjà démarré et devraient se terminer l’année prochaine pour l’élaboration de normes fin 2021 et un lancement du F30 au 1er janvier 2022. II nous faudra avoir un coup de pouce fiscal car avec un baril à 40 $, l’EMHV coûte plus cher que le fioul domestique. Et un coup de pouce pour inciter à changer la chaudière ou le brûleur. Il existe déjà plus de 50 références de chaudières ‘biofioul compatibles’, sans surcoût. Nous proposons en outre qu’un biofioul F10, compatible avec l’ensemble des installations existantes, puisse être généralisé à l’horizon 2025-2030, puis qu’un F100, totalement décarboné, voie le jour à l’horizon 2040. »