Spécialisé dans la fabrication d’adjuvants pour les phytos et de produits de nutrition des plantes, SDP a transféré en 2016 son usine dans un bâtiment quasi-neuf de 9 000 m2 à Laon, dans le sud de l’Aisne. Ses installations de recherche étaient cependant restées sur son ancien site de Pinon, à une vingtaine de kilomètres. Depuis le début de l’année, l’équipe de recherche et qualité, composée de neuf personnes, a rejoint le siège de l’entreprise, à Laon, dans un tout nouveau centre de recherche, inauguré le 12 mai, composé d’un laboratoire de 400 m2 et d’une serre de 130 m2. « Ce centre a bénéficié d’un investissement de 650 000 €, financé à 90 % par notre maison mère, le groupe portugais Rovensa, et à 10 % par la communauté d’agglomération de Laon, indique Jérémy Dauchin, directeur général de SDP. Le fait que Rovensa ait fait le choix d’investir dans la R&D chez SDP, est la preuve qu’il croit en l’avenir de notre entreprise sur le territoire français. »

Sept adjuvants différents

En investissant dans la R&D, l’objectif de SDP est de mettre au point de nouveaux produits de nutrition des plantes et des adjuvants innovants qui renforcent l’efficacité des produits phytos, tout en étant plus respectueux de l’environnement.

« Nous venons, par exemple, de lancer au Brésil un nouveau produit de lutte contre la dérive, Driffo, pour lequel nous allons déposer une demande d’homologation en France, précise Cédric Ernenwein, directeur R&D de l’entreprise. En limitant la dérive, nous réduisons l’impact du produit phytosanitaire sur l’environnement. En plus des six adjuvants qui sont déjà à notre catalogue, nous travaillons actuellement à la mise au point de sept adjuvants différents. » SDP réalise aujourd’hui 25 M€ de CA, à près de 60 % dans les produits de nutrition des plantes, et de 40 % dans les adjuvants, avec 70 collaborateurs. Elle a aussi un pied dans la fertilité des sols et le nettoyage du matériel.

Des molécules « signal »

La filiale du groupe Rovensa conduit également des recherches dans un nouveau domaine d’investigation pour elle, celui des produits de biocontrôle. Elle a, par exemple, lancé en 2017, avec l’Inrae, UniLasalle Beauvais et la coopérative Agrial, le programme de recherche Peel qui porte sur l’extraction de substances issues des peaux de tomate, et a reçu un financement de l’Ademe. « La peau de la tomate est riche en cutine, explique le chercheur. Lorsqu’un champignon attaque la tomate, il produit une enzyme, la cutinase, qui va dégrader la cutine de la peau, et la couper en petites molécules dont des monomères qui alertent la plante de la présence du champignon. Lorsque la plante perçoit la présence de ces monomères que l’on appelle molécules signal, elle déclenche son système de défense naturelle. C’est ce phénomène que nous essayons de reproduire. Nous avons identifié et isolé ces monomères qui vont donc agir comme molécules signal et inciter les plantes à déclencher leurs systèmes de défenses naturelles. » SDP teste actuellement ces molécules contre plusieurs champignons, et notamment la tavelure du pommier, la septoriose du blé et le mildiou de la pomme de terre, de la tomate et de la vigne. « L’idée est d’appliquer en préventif ces molécules sur la plante pour qu’elle puisse mettre en place ses défenses avant l’arrivée des champignons pathogènes, ajoute Cédric Ernenwein. Nous espérons pouvoir commercialiser ce produit d’ici à cinq ans. »

Contenu réservé aux abonnés Agrodistribution
pour vous connecter et poursuivre la lecture
15%

Vous avez parcouru 15% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à Agrodistribution
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Profitez de notre progressive web app
  • > Recevez les 4 newsletters
  • > Recevez 1 numéros chez vous
J'en profite !
Cédric Ernenwein, directeur de la R&D : « Nous travaillons actuellement sur des molécules issues des peaux de tomates, qui incitent la plante à déclencher ses systèmes de défenses naturelles. », B. CAILLIEZ © B. CAILLIEZ
Nouveau laboratoire de recherche SDP sur son site industriel de Laon., B. CAILLIEZ © B. CAILLIEZ