Créé il y a dix ans au Maroc, Éléphant Vert s’est rapidement étendu en Europe, et notamment en France, avec les acquisitions successives d’Or Brun et de Xurian environnement en 2017, puis celle de Bio3G à 51 % en 2018, faisant de la France son plus grand marché. L’entité Xurian, comprenant une usine et un centre de R&D à Béziers, a depuis été rebaptisée Éléphant Vert Microorganismes France.

En revanche, fin 2021, alors que le groupe enregistrait une croissance de plus de 20 % dans le monde, il a cédé à SBM, la marque de fertilisation de jardin Or Brun, dans un marché jugé par le DG actuel, Peter Brändle, « plus mature que l’agricole, plus concentré, avec beaucoup de différences, notamment en termes de distribution. » L’objectif étant ainsi de se recentrer sur le marché agricole et d’accélérer ses investissements dans les domaines des biostimulants et des produits de biocontrôle.

Un biostimulant imminent

Éléphant Vert n’a pas traîné, puisqu’il vient de reprendre la start-up Lipofabrik à Lille, fin janvier. Fondée en 2012, cette société de biotechnologie, spécialisée dans la fermentation, la purification et la formulation de molécules biologiques actives de la famille des lipopeptides issues des cultures bactériennes de Bacillus subtilis, détient aujourd’hui une vingtaine de souches bactériennes et trois familles de brevets. « Cette filiale d’Éléphant Vert composée de 12 personnes dispose d’une R&D et d’un pipeline soutenus pour les produits de biocontrôle, dont plusieurs sont entrés dans une démarche d’homologation. Elle a en outre obtenu l’an dernier une AMM en France (entre autres pays) pour son biostimulant PlantBoost, qui est prêt à être commercialisé, fait savoir Peter Brändle. Nous sommes en pleine réflexion sur la mise en œuvre du plan de lancement de ce produit. »

Plus de 300 commerciaux

Éléphant Vert a en effet cette particularité de toucher les agriculteurs par deux canaux, avec des modèles différents selon les pays et produits. Le business model principal passe souvent par la distribution agricole. En France, le groupe avait d’ailleurs sa propre force de vente en relation avec la distribution pour sa gamme de biostimulants comme Xurian ou Ovalis Rhizofertil, même si désormais c’est sa filiale Bio3G qui ne traite qu’en direct grâce à une équipe marketing et commerciale de 300 personnes. « C’est une force d’avoir cet accès direct aux clients et le feedback qui va avec. Mais avec le développement de notre offre, je mets progressivement plus d’importance sur le modèle coops-négoces qui a une approche efficace ainsi qu’une maîtrise et une bonne pénétration du terrain. Il nous permettrait aussi d’accélérer la distribution en limitant le poids de la force commerciale. Cette orientation multicanale est bénéfique. Il faut juste éviter les doublons et que les deux circuits travaillent l’un en complément de l’autre. »

Croissance externe, etc.

Éléphant Vert va prendre le temps nécessaire pour réussir l’intégration de Lipofabrik avant de repartir à la conquête de nouvelles cibles. « Mais il n’y a pas que la croissance externe pour construire notre catalogue, tient à préciser Peter Brändle. Nous scellons des accords stratégiques et nous misons sur notre R&D interne alimentée par des partenariats avec les institutions et les universités, et récemment renforcée par l’acquisition de Lipofabrik. » En dehors de l’Europe, le groupe continue à développer ses positions en Afrique, notamment avec son produit de biocontrôle à base de micro­organismes pour lutter contre les invasions de criquets, et vise à terme les États-Unis et le marché asiatique.