Créée en 1989, Violleau n’était jusqu’au début des années 2010 qu’une société de compostage. Elle l’est toujours d’ailleurs, puisqu’elle produit aujourd’hui 30 000 t de composts sur 16 000 m2 dédiés. Mais ce n’est plus son cœur de métier. En effet, le rapprochement progressif avec Akiolis, devenu intégralement propriétaire du fabricant des Deux-Sèvres en 2016, a conduit à sécuriser l’approvisionnement en coproduits animaux et à voir émerger en 2013 une unité de granulation d’engrais organiques et organo-minéraux sur le site de La Ronde (commune de La Forêt-sur-Sèvre). Initialement calibrée pour produire 32 000 t/an, elle est depuis 2020 montée à 42 000 t/an d’engrais organiques et organo-minéraux sous forme de bouchons riches en azote et phosphore grâce à l’apport des farines et protéines animales (catégories 2 et 3) achetées chez Akiolis. Dans ce marché bagarré, le challenger Violleau a pris assez tôt le créneau du bio, pour des applications en vigne, arboriculture, maraîchage, espaces verts, mais aussi en grandes cultures. « Nous avons développé, selon les marchés, des formules avec des actions rapides et d’autres plus lentes en fonction de la proportion des différentes matières premières utilisées », indique Dominique Billard, DG de Violleau France. Jusqu’à dépasser les 70 formulations en 2021, à 90 % utilisables en bio.

25 000 t supplémentaires

Pour renforcer sa présence sur le marché et répondre à la demande croissante en engrais organiques, Violleau projette de construire une nouvelle ligne de production, adossée à un site de transformation de coproduits animaux appartenant à sa maison mère, à Vénérolles, dans le nord de l’Aisne. « Cette ligne, qui devrait être opérationnelle pour le printemps 2023, aura une capacité de 20 000 à 25 000 t de fertilisants organiques en bouchons, soit la moitié de la production de notre usine de La Ronde », précise Dominique Billard. La production y sera opérée par Akiolis qui est en train, pour l’alimenter, de mettre en place en parallèle une ligne dite de catégorie 2 pour valoriser des jeunes bovins morts à la suite du passage de la France en risque négligeable vis-à-vis de l’ESB , mais sera pilotée stratégiquement par Violleau. Le fabricant d’engrais va d’ailleurs étoffer son équipe commerciale, passant de cinq à sept personnes, en contact avec la distribution.

Pour le Nord et la Belgique

« Nous assurerons un meilleur service au marché agricole du nord de la France et de la Belgique, dans une zone peu couverte par des intervenants en organique, grâce à l’emplacement stratégique de Vénérolles, tout en réduisant le transport de matières premières et de produits finis », justifie Dominique Billard. L’idée étant de dédier le site historique des Deux-Sèvres plutôt aux marchés de l’ouest et du sud de la France, et de positionner la ligne de Vénérolles pour la Belgique, le nord et l’est de la France, voire le couloir rhodanien. « C’est une première étape, une troisième unité pourrait voir le jour en France ou ailleurs afin d’alimenter le marché européen du bio en plein développement », ajoute-t-il. Une ambition qui s’est matérialisée par la création, en 2021, d’une business unit Violleau à part entière au sein de son groupe d’appartenance Tessenderlo, et qui réunit les fertilisants Violleau et les produits de biocontrôle provenant d’autres sociétés du groupe.

Contenu réservé aux abonnés Agrodistribution
pour vous connecter et poursuivre la lecture
15%

Vous avez parcouru 15% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à Agrodistribution
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Profitez de notre progressive web app
  • > Recevez les 4 newsletters
  • > Recevez 1 numéros chez vous
J'en profite !
À La Forêt-sur-Sèvre, Violleau fabrique désormais 42 000 t d’engrais organiques en bouchons, sous plus de 70 formulations, fait savoir Dominique Billard, DG de Violleau France., R. Fourreaux © R. Fourreaux
r.fourreaux, © r.fourreaux