Si les transitions engendrent des coûts non négligeables, la valorisation potentielle de ces efforts via des crédits carbone provoque déception et interrogation. C’est en tout cas ce qui ressortait de la conférence sur l’agriculture bas carbone organisée par le pôle Terrasolis, à Reims, le 22 mars dernier. « Nous en sommes à l’évaluation théorique du coût de ces transitions et d’une possible compensation, fait savoir Armand Gandon, chef de projet bas carbone chez Vivescia. Le coût est parfois supérieur à la rémunération carbone potentielle. »

Les exploitations ayant de grands changements à opérer pour s’orienter vers une production bas carbone sont celles pour qui les crédits carbone seraient la solution la plus rémunératrice car, ici, c’est un progrès qui est mesuré et récompensé. Celles ayant déjà un très bon bilan carbone pourraient espérer voir leurs efforts rémunérés plutôt via une prime filière. « Les exploitations en ACS sont celles qui s’approchent le plus de la neutralité carbone, mais ne sont pas celles qui génèrent le plus de crédits carbone, confirme Pierre-Antoine Brunel, TC en ACS chez Noriap. Plusieurs de nos clients nous ayant contacté pour établir un cahier des charges bas carbone, j’ai orienté les exploitations proches de la neutralité vers des contrats filière pour obtenir une meilleure rémunération. » Sachant qu’une contractualisation à cinq ans pour l’obtention de crédits carbone n’est pas simple à gérer.

« En cinq ans, l’exploitation évolue beaucoup et nous n’avons aucune visibilité sur le prix à venir du crédit carbone, souligne Philippe Vincent, directeur des filières chez Soufflet Agriculture. Valoriser ces démarches carbone via les filières est plus facile, car nous pouvons construire des itinéraires techniques bas carbone pour une culture donnée, chiffrer son coût et ensuite vendre ce cahier des charges à un industriel intéressé, sans devoir mesurer la performance carbone globale comme c’est le cas pour obtenir des crédits carbone. On le fait déjà pour la filière biocarburants en colza et en tournesol. En 2020, 15 % de nos colzas étaient bas GES, ce qui a permis une rémunération supplémentaire de 20 €/t pour l’agriculteur. »

Chantal Urvoy

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