Malgré une baisse des surfaces de betteraves de 3 %, le marché des fongicides foliaires a fait un bond de 30 % en 2021. Les surfaces déployées sont passées de 690 000 ha en 2020 à 910 000 ha, proches des 939 000 ha de 2019. En valeur, le marché a grimpé de 17,5 M€ en 2020 à 23 M€ en 2021, le niveau de 2019. « La pression des maladies foliaires avait baissé en 2020, analyse Sylvie Llados, d’Adama. La cercosporiose est réapparue tardivement. » « La météo plus humide a favorisé la maladie », constate Bertrand Boulet, de Belchim. « La baisse de 2020 était aussi liée aux attaques de jaunisse », souligne Jérôme Rouveure, de Phyteurop. Autrefois cantonnée à la région Est et au sud de Paris, la cercosporiose touche désormais d’autres régions. « C’est une problématique montante, remarque Timothée Lavoinne, d’UPL. Cette année, dans les secteurs Champagne et sud Bassin parisien, elle a nécessité 2 à 3 traitements, mais en Normandie et dans les Hauts-de-France, 1 à 2 ont aussi été déclenchés. » Le nombre moyen de passages a augmenté à 1,8. En 2021, 58 % des parcelles ont été traitées deux fois, contre 42 % en 2020, et 9 % trois fois, contre 3 % l’année précédente. « Le nombre de produits par passage n’a par contre pas évolué », note Damien Lenglet, de Syngenta. L’ajout de cuivre à un triazole a concerné 146 000 ha, soit 15 % des surfaces déployées.

Nouvelle disparition de produit

Après l’arrêt du propiconazole et de l’époxiconazole, c’est au tour du cyproconazole d’avoir disparu du marché en 2022. Spyrale est toujours en tête des ventes avec 58 % de part de marché, 50 % en surfaces déployées. Le difénoconazole est la première matière active utilisée, il serait présent dans 80 % des traitements. Adama est toujours leader avec 63 % de part de marché (54 % en ha), devant UPL, 13 %, Phyteurop, 12 % (16 % en ha), Syngenta, 11 %, Belchim et Bayer.

C’est dans l’Est et au sud de Paris que les attaques de cercosporiose ont été les plus fortes., B. CAILLIEZ © B. CAILLIEZ