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Une pression plus faible des insectes

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Après une campagne 2020 sous forte tension, 2021 a vu l’utilisation des insecticides baisser en maïs, s’effondrer en betteraves et se revaloriser en pommes de terre. La dérogation pour l’utilisation des néonicotinoïdes en traitement de semences sur betteraves obtenue en 2021 est reconduite en 2022. Par Blandine Cailliez

«Avec la dérogation permettant le retour des néonicotinoïdes en traitement de semences des betteraves, ainsi qu’une année avec des pressions pucerons beaucoup plus faibles qu’en 2020, les applications d’insecticides foliaires ont fortement reculé », constate Bertrand Boulet, de Belchim. « 80 % des betteraves ont reçu un TS », remarque Guillaume Barbe, d’Adama.

« On est passé de la quasi-totalité des surfaces qui ont reçu un Teppeki en 2020, à seulement 16 % », précise Bertrand Boulet. « Movento, qui a bénéficié d’une dérogation, a été utilisé sur 13 000 ha contre 185 000 ha en 2020 », indique aussi Mylène Striebel, de Bayer. Ce qui signifie que le marché s’est partagé entre Teppeki à 60 %, Movento à 12 % et les pyréthrinoïdes, avec à leur tête la lambda-cyhalothrine, à 6,5 %, et Mavrik Jet, 3 %. En 2022, Teppeki pourra être utilisé en végétation, ainsi que les pyréthrinoïdes. L’ITB devrait faire une demande de dérogation comme l’an dernier pour Movento. Le marché va accueillir aussi la nouveauté Afinto, à base de flonicamide, un voisin du Teppeki.

En maïs, microgranulés et traitements foliaires

En 2021, 20 % des 2,7 Mha semés ont été protégés avec un traitement microgranulés du sol et autant par un foliaire. Alors qu’au regard des différents interlocuteurs, davantage de surfaces devraient être protégées ; les agriculteurs sous-estiment trop la nuisibilité des insectes. « Belem/Daxol ont représenté 56 % des utilisations de microgranulés », précise David Pé, de Corteva. Syngenta, avec Karaté 0.4 GR à base de lambda-cyhalothrine ou Force 1.5 G à base de téfluthrine, arrive en deuxième position, avec 20 % de part de marché. Success GR, à base de spinosad, a été utilisé sur 4 000 à 5 000 ha.

« Les traitements foliaires ont baissé de 25 % en 2021, à la fois à cause d’une baisse des surfaces de maïs et d’une pression plus faible des insectes foreurs », constate Patrick Bergougnoux, de FMC. « Le printemps très humide a retardé la sortie des pyrales », souligne Marie Aubelé, de De Sangosse. Ils n’ont représenté que 450 000 ha déployés contre 600 000 ha en 2021. Coragen représente 60 % du marché en surface, 54 % en valeur, les pyréthrinoïdes, 80 000 ha, devant le nouveau Mezalid à base de la substance naturelle spinosad.

Les trichogrammes ont été employés sur 120 000 ha, un marché stable que se partagent Bioline AgroSciences et Phyteurop à 54 %, De Sangosse à 41 % et l’Allemand AMW. « Notre principal concurrent, c’est l’impasse de protection, estime Florent Ehry, de Bioline AgroSciences. La mécanisation de l’application devrait faire décoller l’emploi des trichogrammes. » « Le fait qu’ils fassent l’objet de contrats de solution peut aussi accroître leur utilisation », ajoute Marie Aubelé. « Les solutions Bt ne représentent que 2 % du marché », note Anne Giroud, de Philagro.

Baisse de la pression sur pommes de terre

« En 2021, la pression pucerons et doryphores a été moins forte sur pommes de terre à cause du temps pluvieux », analyse Aline Zaborowski, de Syngenta. 46 % des hectares ont reçu au moins un insecticide, contre 57 % en 2020. Les surfaces déployées ont baissé de 2 %, à 276 000 ha, mais sont en hausse de 15 % en valeur, à 6 M€. Les huiles très utilisées en plants arrivent toujours en tête et progressent de 45 %, à 145 000 ha déployés, devant le Teppeki efficace contre l’ensemble des pucerons, 55 000 ha, et les pyréthrinoïdes, dont Mavrik Jet qui occupait 7 000 ha déployés en 2021, et Karaté K et Karaté Zéon, 0,8 % du marché. Contre les doryphores plus spécifiquement, le marché recule de 74 000 à 64 000 ha et perd 0,2 M€, à 1 M€. Coragen représente 51 000 ha et les pyréthrinoïdes reculent de 15 000 à 8 700 ha. Lutte contre pucerons et doryphores confondus, la dépense moyenne s’est réévaluée à 59 €/ha. En 2022, ISK a fait le choix d’arrêter Teppeki sur pommes de terre. L’interdiction a pris effet immédiatement, hormis en plants, où un délai pour la vente et la distribution a été accordé jusqu’au 3 juillet 2022, et pour l’utilisation jusqu’au 3 juillet 2023.

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En betteraves, les traitements insecticides en végétation ont accusé un fort recul en 2021, lié au retour des néonicotinoïdes en traitement des semences et à des pressions pucerons beaucoup plus faibles., Claudius THIRIET © Claudius THIRIET
En chiffres

Maïs 2021 : 20 % des 2,7 Mha semés ont été protégés avec un traitement microgranulés du sol, et 20 % avec un traitement foliaire contre les foreurs. Le marché a reculé à 25 M€ en traitement de sol contre 30 M€ en 2020, et 15 M€ en foliaire contre 17,5 M€ en 2020. Les insecticides foliaires sont passés de 600 000 ha déployés en 2020 à 450 000 ha.

Betteraves : avec la dérogation des néonicotinoïdes en traitement des semences en 2021, le marché des insecticides foliaires a chuté. Les surfaces déployées ont reculé de 86 % en passant de 760 000 ha à 110 000 ha. Le marché a perdu 88 % de sa valeur, à 2,5 M€, contre près de 20 M€ en 2020.

Pommes de terre : le marché est en baisse de 2 % en hectares déployés, à 276 000 ha, mais en hausse de 15 % en valeur, à 6 M€. 46 % des surfaces ont reçu au moins un insecticide, contre 57 % en 2020, mais avec 2,7 traitements en moyenne, contre 2,2 en 2020.

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