La sole de blé tendre d’hiver 2020-2021 enregistre une nette poussée de 11 %, gagnant 521 000 ha. Cette avancée ne fait pourtant que rattraper les semis impossibles de 2019, et les surfaces de céréales d’hiver se situent toujours en dessous de la moyenne des cinq dernières années, à près de 6,7 Mha. Au final, les ventes de semences restent quasi identiques à celles de la campagne précédente, autour de 4,56 Mq. Sans surprise, le blé tendre maintient ses ventes autour de 3,1 Mq avec un taux de certification estimé à 47 %, selon Semae (ex-Gnis). Le blé dur s’en sort mieux, enregistrant une petite hausse des ventes de près de 2 % et surtout un taux d’utilisation dynamique à 76 %, en forte progression. L’orge hiver subit en revanche une chute de ses ventes à 821 000 q et un taux d’utilisation de 50 % en léger retrait. Concernant les autres espèces d’hiver, les taux d’utilisation subissent une stagnation à peu près générale. Sauf évènement inattendu, le marché devrait afficher un certain équilibre à l’automne 2021. Les surfaces en multiplication de céréales d’hiver ont un peu augmenté en 2021, passsant à 128 00 ha, contre 125 000 ha en 2020.

Blé tendre : Chevignon et KWS Extase en tête

Deux intervenants pèsent 30 % du marché en blé tendre : RAGT semences et Florimond Desprez sont au coude-à-coude avec respectivement 15 % des surfaces en multiplication. Ils sont talonnés par KWS Momont et Saaten-Union à environ 14 %, ce dernier étant présent sur les deux marchés lignées et hybrides. LG se situe en cinquième position et les autres intervenants occupent des positions plus modestes : Secobra (6,6 %), suivi par Unisigma, Syngenta, Lidea, Agri-Obtentions.

Sur le plan variétal, les blés panifiables raflent toujours 98 % des surfaces, selon FranceAgriMer, avec une progression des blés supérieurs (BAF et BPS) à 74 %, tandis que les blés panifiables courants (BP) régressent à 24 %. Les blés fourragers et les blés biscuitiers se limitent à 2 %.

Chevignon est toujours en tête du classement, avec 13 % des surfaces consommation à la récolte 2020. « Chevignon demeure la variété la plus multipliée pour la quatrième année consécutive. Notre seconde lignée la plus multipliée, Autricum, s’installe avec un profil très qualitatif et durable », note Emmanuel Sterlin, de Saaten-Union. En surface cultivée, Chevignon devrait maintenir sa trajectoire en 2021, alors que KWS Extase a ravi la deuxième place devant LG Absalon. Le blé KWS Ultim arrive quatrième devant Winner et Complice, sur un marché toujours fragmenté. La proportion des mélanges variétaux reste stable en 2020, autour de 12 % de la sole.

Question récurrente : le blé hybride va-t-il bientôt décoller ? L’accord récemment conclu entre RAGT semences et Bayer en fait clairement le pari d’ici 2025. De son côté, Syngenta a déposé quatre hybrides X-Terra à l’inscription, dont deux en 2e année CTPS. Et BASF a annoncé que son blé hybride Ideltis sera disponible au milieu de la décennie. Actuellement, le créneau hybride dominé par Saaten-Union représente en valeur environ 9 % des ventes totales de semences de blé. À noter que le premier blé transgénique développé par Trigall Genetics, joint-venture entre Florimond Desprez et Bioceres, a été autorisé en octobre 2020 en Argentine.

Orge : forte progression de la tolérance JNO

Sur la campagne 2020-2021, l’orge d’hiver accuse une chute nette en volumes certifiés ( 14 %) alors que les surfaces ont gagné 3 %. « Le marché reste marqué par la forte progression de la tolérance JNO, qui représente aujourd’hui plus de 50 % des hectares de multiplication des escourgeons et 36 % des orges 2 rangs », relève Nicolas Dezobry, de KWS Momont. Pour les escourgeons, cette progression s’est faite au détriment des variétés brassicoles, marché pour lequel il n’y a pas aujourd’hui de variétés « préférées » par la filière possédant cette tolérance JNO. Les principaux acteurs KWS Momont et Secobra détiennent respectivement 42 % et 30 % de part de marché en multiplication pour l’orge d’hiver, suivis par Syngenta Seeds et LG. En valeur, les orges hybrides pèsent désormais lourd, représentant 50 % des ventes réparties entre Syngenta (40 %) et Semences de France (10 %). Tektoo reste la première variété hybride avec SY Galileoo. « Nous attendons un rebond des ventes cette année, porté par les cours élevés et un bon comportement général des hybrides aux maladies du feuillage », déclare Olivier Borde, de Syngenta. À la récolte 2020, l’orge RGT Planet arrivait en tête (29 % de la sole), suivie par Etincel (13,4 %), KWS Faro (6,2 %) et Amistar (3,7 %), tandis que KWS Fantex faisait son entrée dans le top 5 (3,3 %). En 2021, KWS Faro se place comme la référence, première en multiplication et passée en variété préférée sur la liste CMBO.

En blé dur, la sole progresse à 250 000 ha en 2020-2021 avec une hausse des semences certifiés. Comme les années précédentes, les variétés RAGT raflent 80 % des ventes de semences certifiées, avec en vedette Anvergur (53 % de part de marché), présente dans toutes les régions, devant RGT Voilur (19 %). Le renouveau pourrait venir des deux nouvelles variétés de Florimond Desprez, Canaillou et Formidou, lancées cette année.

Une nouvelle avancée en triticale

Le triticale marque une nouvelle avancée des surfaces de près de 20 % (à 312 000 ha) et une stabilité des quantités certifiées. Le renouvellement variétal se poursuit : Brehat (16 % de pdm) a ravi la première place à RGT Omeac en surfaces multipliées. Le seigle poursuit une expansion discrète, stimulé par l’usage en Cive et par la demande en méthanisation. Les ventes de semences certifiées profitent aux lignées telles que Vitallo et Turbogreen, comme aux hybrides Su Performer et Su Cossani. Les surfaces d’avoine d’hiver progressent à 52 000 ha et KWS Momont garde une position de leader avec près de 50 % de pdm, boosté par les variétés à grain noir Timoko et la nouveauté KWS Pursant.

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Cédric FAIMALI, © Cédric FAIMALI
Syngenta a déposé quatre hybrides X-Terra à l’inscription, issus de technique classique d’hybridation, dont deux en 2e année CTPS., Watier Romain/Syngenta © Watier Romain/Syngenta