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Un marché toujours solide

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Un marché toujours solide
JEAN MICHEL NOSSANT

Sans bouleversement, la campagne 2021-2022 reste sur une trajectoire de stabilité. Les ventes de semences certifiées se maintiennent globalement, en dépit d’un léger recul pour le blé tendre. Quatre obtenteurs dominent toujours ce marché : KWS-Momont, RAGT, Saaten-Union et Florimond Desprez.Par Anne-Marie Laville

Une quasi-stabilité en surface et en volume caractérise la campagne 2021-2022. La sole de céréales d’hiver aurait baissé d’environ 80 000 ha et celle de blé tendre d’hiver de 250 000 ha, selon les estimations d’avril 2022. Par rapport à 2020-2021, le recul du blé touche plus particulièrement la région Centre-Val de Loire ( 5,7 %), la Champagne-Ardenne et la Haute-Normandie ( 6 %), la Bourgogne ( 5 %) et la Lorraine ( 12 %). Côté semences, le blé tendre marque un léger retrait des ventes à 3 millions de quintaux vendus en consolidant un taux de certification estimé à 47 %, selon Semae. Plus dynamique, l’orge d’hiver enregistre une hausse des ventes à 928 000 q et du taux d’utilisation de semences certifiées à 54 %. Le blé dur reste stable tant pour les ventes que pour le taux d’utilisation qui reste à un niveau élevé de 69 %. Au final, les ventes de semences toutes céréales d’hiver seraient presque équivalentes à celles de la campagne précedente, autour de 4,63 Mq. Quatre obtenteurs dominent le marché : KWS-Momont (17 %), RAGT (environ 15 %), Saaten-Union (15 %) et Florimond Desprez (14,5 %) ; la marque phare Semences de France représentant 64 % des blés tendres et 62 % des orges d’hiver commercialisées.

En blé tendre, KWS Momont voit progresser sa part de marché à près de 17 %, soit + 2,5 %. « Cette augmentation est due à la forte progression de nos deux variétés inscrites il y a deux ans, KWS Ultim et KWS Sphère », relève Nicolas Dezobry, de KWS Momont. Trois autres sociétés se classent à peu près à égalité. Avec son blé phare Chevignon, Saaten-Union se situe à 15 % du marché des blés lignées. Florimond Desprez reste aussi bien placé en blé tendre (14,5 %), avec plusieurs variétés telles que Complice, Winner et Prestance. Les autres intervenants occupent des positions plus modestes : LG, Secobra (6 %), Agri-Obtentions (4,5 %), Unisigma, Syngenta Seeds, Lidea.

Blé tendre : avancée des mélanges

Fait marquant, les mélanges de plusieurs variétés gagnent encore du terrain, couvrant 17 % des surfaces à la récolte 2021. Les variétés pures se répartissent sur les 83 % restants : les blés panifiables représentent 73 % des récoltes en 2021 et les blés améliorants 5 %, selon FranceAgriMer. Autre point à noter, sur les 33 nouvelles variétés de blé tendre évaluées et inscrites au catalogue en octobre 2021 (dont 4 hybrides), 31 sont éligibles aux CEPP, c’est-à-dire presque toutes.

Le classement variétal maintient toujours en tête Chevignon, qui représentait près de 14 % des surfaces consommation à la récolte 2021. « Chevignon se place aussi comme la première variété en Europe. Et nous prévoyons un bon démarrage en 2022 de notre lignée SU Addiction qui a reçu un double bonus rendement-protéines », estime Emmanuel Sterlin, de Saaten-Union. Le blé KWS Extase se stabilise à la 2e place du marché avec une légère progression de ses hectares de multiplication à 4 200 ha. Deux variétés, Absalon et KWS Ultim, se placent à des niveaux proches, en 3e et 4e positions. « KWS Ultim a poursuivi sur cette lancée avec une progression de plus de 700 ha cet automne répartis dans la zone intermédiaire et la zone Sud. KWS Sphere a poursuivi lui aussi son avancée pour atteindre la 5e place du marché. Son développement se répartit sur l’ouest, le nord, l’est de la France, ainsi que sur le Massif central », note Nicolas Dezobry.

L’année 2022 sera celle d’un nouveau défi pour le blé hybride et Saaten-Union. Objectif : passer de 35 000 à 100 000 ha avec une gamme resserrée sur 5 hybrides nouvelle génération. Syngenta Seeds aborde ce créneau avec sa marque X-Terra testée cette année en conditions réelles par 150 agriculteurs.

Pour la campagne 2021-2022, l’orge d’hiver progresse en surface à 1,25 Mha (+ 5 %). KWS Momont reste leader avec près de 40 % de part de marché, suivi par Secobra (30 %). Sur le segment des orges 2 rangs, nette progression (+ 35 %) des variétés tolérantes JNO, qui dépassent 50 %. Sur le segment des orges fourragères 6 rangs, la progression des variétés tolérantes JNO se confirme aussi. Il n’en va pas de même en orge brassicole du fait du non-référencement par le CBMO de variétés tolérantes. En pratique, le classement variétal évolue peu en 2021. KWS Faro reste largement en tête devant Etincel et Pixel.

En blé dur, la baisse des surfaces est estimée à 2,5 % pour se situer à 2,77 Mha. Le recul se confirme en Centre-Val de Loire et en Rhône-Alpes, alors que la surface semble stable ou en légère hausse dans les régions Occitanie et Paca. Comme les années précédentes, les variétés RAGT raflent 80 % des ventes de semences certifiées, avec en vedette la variété Anvergur qui représentait 55 % de part de marché à la récolte 2021, suivie par RGT Voilur (18 %). En 3e position (7 %), la variété Relief poursuit sa progression. Les mélanges variétaux de blé dur gagnent encore un peu de terrain avec désormais 4,5 % des surfaces.

Le triticale stagne après une belle embellie

Après une embellie, le triticale enregistre une stagnation de ses surfaces en 2021-2022. Près de 80 % des surfaces sont semées en variété pure. Les 10 premières semées en solo représentent la moitié des surfaces : RGT Omeac se situe en tête du classement, devant Brehat et Elicsir qui marquent une avancée. Les surfaces d’avoine d’hiver se sont un peu rétractées à 57 000 ha ( 3 %), mais les ventes de semences ont progressé ainsi que le taux d’utilisation estimé à 60 %. KWS Momont garde une position de leader avec près de 50 % de part de marché, KWS Pursant étant devenue la première variété d’avoine multipliée en conventionnel et en bio. Lors de leur rencontre en avril, Semae a aussi annoncé le renouvellement de l’accord sur le financement de la recherche en céréales, qui réaffirme l’excellence française, premier exportateur de blé en Europe. Si le débouché alimentaire demeure central, le secteur semencier devrait être aussi porté à l’avenir par les projets mixtes biomasse et Cive, incluant les espèces triticale, seigle ou avoine.

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JEAN-MICHEL NOSSANT, © JEAN-MICHEL NOSSANT
L’interprofession des semences a annoncé le renouvellement de l’accord sur le financement de la recherche en céréales. , Saaten -Union © Saaten -Union
Chiffres clés

Semences certifiées de céréales d’hiver en 2021-2022 : 4,83 Mq (contre 4,81 en 2020-2021)

Ventes en France : 4,63 Mq (contre 6,67)

Surfaces consommation céréales d’hiver 2021-2022 : 6,76 Mha (contre 6,84 en 2020-2021)

« Un nouveau modèle pour les blés hybrides »
Rémi Lefebvre, directeur grandes cultures chez Deleplanque Saaten-Union, A.-M. LAVILLE (M. LOISON) © A.-M. LAVILLE (M. LOISON)

« Pour gagner en proximité et en efficacité, la production des semences hybrides Saaten-Union se fera désormais à 100 % sous licence. Nous avons signé un contrat de délégation Hyntegrale-3D avec plusieurs partenaires en France. La production et la distribution des semences des blés hybrides se feront ainsi localement, au plus près des forces de vente, en réduisant les coûts de transport et de stockage. Chaque station sera autonome et en circuit court. Avec ce nouveau modèle et une offre resserrée autour de cinq hybrides, l’objectif est d’augmenter les surfaces de 35 000 ha actuellement à plus de 100 000 ha dans trois ans, et de passer de 3 000 à plus de 7 000 utilisateurs. Cette révision complète de l’offre s’accompagne d’un nouvel argumentaire : le blé hybride est rentable dès qu’il apporte un gain de 2 q/ha. En moyenne, nous avons mesuré avec les cinq nouveaux hybrides un gain de 5,8 q/ha par rapport aux meilleures lignées. »

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