1Un référentiel évolutif par nature

Présenté comme le label alimentaire le plus connu des Français, le label rouge n’est jamais acquis. L’Inao, l’établissement public en charge des signes officiels de qualité, veille au grain. La remise en cause permanente de son attribution incite les professionnels à constamment s’adapter aux besoins des consommateurs et à aller vers « toujours plus de qualité ».

De fait, les cahiers des charges label rouge, gérés par l’association Paq (Produits alimentaires de qualité), sont amenés à évoluer régulièrement. Celui relatif à la farine pour pain de tradition (92 % de la farine label rouge), dont les caractéristiques fondamentales sont le recours aux variétés VRM et l’absence d’insecticide de stockage post-récolte, n’y échappe pas. Il a donc été « rouvert », la dernière version datant de 2016. Premièrement, il devenait nécessaire d’y inclure le test de panification, qui est d’ailleurs renforcé par rapport à la norme en vigueur, puisque la farine doit obtenir une note minimale de 270 (contre 250). Il fallait réintégrer également les pratiques culturales soumises auparavant à la charte Arvalis-Irtac et désormais sous norme NF V 30-001. Enfin, l’Inao qui, au départ, se bornait aux qualités sensorielles des produits, ne cache pas son intention d’avancer sur le volet réduction des intrants.

2Des exigences accrues en amont

Le renforcement des critères agroécologiques se traduit d’abord par l’intégration des caractéristiques du référentiel de la Certification environnementale de niveau 2. Sans obliger les producteurs à être certifiés, mais « ce sera peut-être la prochaine étape », estime Catherine Peigney, vice-présidente de Paq. Autre exigence, l’azote est encore plus encadré avec l’instauration de doses maximales : 60 unités d’azote pour le premier apport, 100 unités pour le deuxième (fractionnable en deux), et 80 pour le dernier. Un apport supplémentaire de 60 unités est possible pour les blés de force. Le taux de protéines requis pour cette filière est de 11,5 %.

Enfin, l’usage des phytos et engrais est dorénavant conditionné à l’utilisation d’OAD. C’est le cas aussi pour le sujet épineux des régulateurs de croissance. « Nous allons travailler pendant trois campagnes avec Arvalis pour voir jusqu’où on peut aller dans leur réduction, voire leur suppression », fait savoir Catherine Peigney.

3Des discussions assez musclées

Sur l’ensemble de ces critères, la négociation a fait l’objet d’échanges nourris. « On a essayé de trouver un consensus entre les entreprises et l’Inao pour que cette nouvelle version reste réalisable », poursuit-elle. D’ailleurs, Paq ne relève pas de défection parmi les 45 OS adhérents, qui y trouvent visiblement leurs comptes. « Les primes négociées entre l’OS et le meunier sont plutôt à la hausse », signale David Bourgeois, codirigeant des Moulins Bourgeois (Seine-et-Marne). Malgré tout, il est toujours plus difficile en période de cours élevés du blé de placer des contrats filière chez les agriculteurs. C’est d’ailleurs ce qui préoccupe Adrien Savarit, responsable qualité chez Valfrance, davantage que les nouvelles exigences du cahier des charges : « Le plafonnement de l’azote me paraît tenable, et nous systématisons l’usage des OAD depuis des années. » Quoi qu’il en soit, le nombre de producteurs dans la filière est chaque année en augmentation, tout comme les volumes de farine (voir infographie).

4Une finalisation avant septembre

Ces changements entreront en vigueur lors de la publication de l’arrêté au Journal officiel qui est attendue « avant septembre », selon Paq. En tout cas, les meuniers se sont d’ores et déjà engagés sur l’interdiction d’apport de gluten exogène pour cette date.

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