« Nous devons travailler à une certification des compétences des conseillers », avance Guillaume Dyrszka, chef de projet de l’action conseil du programme de développement à La Coopération agricole. La nouvelle donne créée par la séparation conseil et vente en phytos et l’ensemble des enjeux actuels et à venir amènent à pousser toute une réflexion sur ce que seront les compétences des conseillers de demain.

Dans le cadre du programme de développement de La Coopération agricole, avec le concours financier du Casdar, un travail sera engagé avec la FNcuma en 2021, pour notamment identifier et qualifier les compétences nécessaires aux conseillers afin d’articuler accompagnement collectif et conseil individuel, intégrer les opportunités offertes par les innovations... L’objectif étant d’arriver à un positionnement clair sur le sujet courant de l’année prochaine. Puis tout un cheminement pourrait être engagé dans le cadre de la programmation Casdar 2022-2027.

Adapter le profil du TC au profil de l’agriculteur

Pour Guillaume Dyrszka, « quel que soit le choix d’aller vers l’agrément vente ou l’agrément conseil en phytos, les entreprises auront à aller vers une trajectoire identique : s’orienter sur un conseil différent du conseil actuel, en privilégiant l’approche plus globale de l’exploitation agricole et des conseils très pointus sur des thématiques telles que l’agroécologie, le changement climatique, les économies d’énergie… Et développer une offre de services avec des profils de conseiller adaptés aux profils d’agriculteur. » Une enquête réalisée en 2017 auprès de 1 200 conseillers, et diffusée en octobre 2018, avait d’ailleurs permis de faire émerger six profils type de conseillers.

Travailler sur la base du CQP TCAC

Une voie d’entrée consisterait à s’appuyer sur le CQP TCAC (Technicien conseil aux adhérents de coopérative) qui est en sommeil à ce jour car il aurait besoin d’être revisité. « Au volet technique couvrant l’agronomie avec l’agroécologie en ligne de mire et le bien-être animal, nous aurions à ajouter la dimension climatique pour laquelle nous allons avoir besoin d’outils. La participation de La Coopération agricole au RMT « Clima » permettra de travailler collectivement avec l’APCA, les instituts, la recherche à des outils d’accompagnement et de formation sur le volet adaptation au changement climatique. La future convention signée avec l’Association bilan carbone (ABC) permettra, quant à elle, de sensibiliser le réseau de la coopération agricole aux enjeux et au calcul des émissions de GES».

La voie de la licence pro

Si le filon CQP n’aboutit pas, d’autres voies seront empruntées, telle la licence pro à l’image de celle dispensée au lycée agricole d’Auzeville (Haute-Garonne) et pour laquelle LCA Occitanie est partenaire, qui s’intitule Conseil en systèmes de production végétale agroécologique (CoSyA). Elle accueille 25 à 30 étudiants par an, issus à parité de BTS ou d’un parcours universitaire, « pour favoriser la diversité des profils ». 92 % d’entre eux sont embauchés après leur formation et 8 % continuent sur un master ou autres études supérieures. « Nous pourrions d’ailleurs imaginer un master conseil ++ à proposer à ces 8 % d’étudiants », ajoute Guillaume Dyrszka, qui souhaiterait que la dimension climatique intègre à l’avenir le cursus de formation de la licence pro, mais aussi le catalogue de formations de l’organisme de formation de LCA Occitanie qui s’adresse aux conseillers et aux adhérents des coops.

Revoir la posture du TC sur l’écoute de l’agriculteur

« Nous pourrions ainsi constituer un système de briques que l’on peut additionner selon les besoins des entreprises et leurs enjeux de territoires et de filières. Nous pouvons armer les conseillers actuels ou futurs sur de l’approche globale, les couverts, le biocontrôle, etc. » Cependant, comme il le souligne, « au préalable, il s’agit de travailler sur la posture du conseiller pour qu’il soit bien dans une écoute active de l’agriculteur ».

La réflexion est vaste. Le conseil peut emprunter tant de portes d’entrée avec l’idée également de faire émerger les projets ainsi que de contribuer au lien de l’agriculteur avec ses parties prenantes. La Coopération agricole devrait justement publier en 2021 un Théma sur « le conseil coopératif, vecteur de réponses aux attentes des parties prenantes ».

Hélène Laurandel
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