C’est une vidéo d’une minute qui présente en musique le poste de gestionnaire de paie. Pour terminer, elle souligne des valeurs en vigueur à la Cac (respect, confiance, droit à l’erreur). Elle est postée fin 2021 sur LinkedIn et Facebook, des réseaux où entre salariés, administrateurs, relations dans et hors du secteur agricole, les deux comptes rassemblent près de 2 000 abonnés.

« Ce type de poste attire en général peu de monde. Là, nous avons reçu 20 CV, se réjouit Dominique Hofman, DRH de la Cac. Les documents écrits ne sont plus très lus. Il nous fallait trouver une autre méthode pour attirer des candidats. » Avec Cindy Moritz, elle-même embauchée en juillet 2021 comme assistante RH en alternance sur un CV vidéo, la coopérative choisit de faire évoluer les critères de recrutement, notamment en faisant passer la posture des personnes avant leur CV.

Job dating sportif

Entre mars et mai, la coopérative a participé à trois job dating, dont l’un avec Pôle emploi et la Fédération française d’athlétisme. Trois salariés de la Cac, dont Cindy Moritz, se mêlent anonymement pendant six heures à un groupe de jeunes demandeurs d’emploi répartis dans des équipes de courses, de saut, de basket, de hand. « Leur vraie personnalité, leur savoir-être en groupe, leur ponctualité, leur esprit d’équipe se révèlent. Même des candidats non sportifs se sont montrés motivés », explique Cindy.

À l’issue des six heures, les salariés de la Cac se dévoilent. Dans la foulée, un casque de réalité virtuelle permet de présenter les métiers de la coopérative, l’environnement de travail. « Beaucoup nous découvrent », constate Cindy.

Une université d’entreprise

Pour les candidats retenus après entretien, l’université d’entreprise mise en place depuis deux ans prend le relais pour former aux aspects de sécurité et aux besoins des silos ou des services administratifs. Son objectif à terme est de créer des packs certifiants sur les postes commerciaux ou de personnel de silo… La Cac réfléchit également à créer un évènement comparable avec une boulangerie, par exemple, histoire de faire le lien « de la fourche à la fourchette ».

Donner du sens au métier

« Aujourd’hui, beaucoup de personnes démissionnent de leur emploi parce qu’elles sont à la recherche de sens dans leur métier. La coopération agricole porte des valeurs humaines et le milieu agricole attire des candidats, car il fait sens de nourrir les gens. Tout ce contexte doit devenir une force pour recruter nos salariés », estime Dominique Hofman.

Christophe Reibel