Des jeunes TC formés au numérique, dont l’usage d’une CRM, rodés à être des apporteurs de solutions répondant aux diverses attentes des agriculteurs, notamment en matière de transition agroécologique, et pouvant réaliser tout cet apprentissage en mode projets grâce à la nouvelle semestrialisation mise en place : voilà le profil potentiel des jeunes diplômés qui choisiront le nouveau BTS « Biens et services pour l’agriculture », fruit de la rénovation du BTS TC spécialité Agrofourniture.

Un nouveau BTS effectif pour la rentrée 2022

Le nouveau référentiel de ce BTS « Biens et services pour l’agriculture » va être opérationnel pour la rentrée 2022. Les établissements agricoles auront ainsi jusqu’en septembre prochain pour opter pour la semestrialisation des cours ou rester sur le système actuel. Cette nouvelle modalité de fonctionnement en semestres, qui rapproche le BTS du monde universitaire, permettra de mettre en place plus facilement des enseignements en mode projet et de mieux s’adapter aux réalités locales.

« La loi de 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel impose de revoir le contenu des formations pour qu’elles restent adaptées aux évolutions du secteur. Le BTS TC, datant de 2009, avait un besoin urgent d’être rénové », avance Didier Boucher, inspecteur pédagogique à la DGER (ministère de l’Agriculture). Ainsi, l’ensemble des BTS TC (cinq options au total) ont fait l’objet de cette rénovation.

Des maths mises au service du métier

Outre l’introduction de la semestrialisation, le nouveau BTS « Biens et services à l’agriculture » connaît trois autres évolutions majeures. Le contenu commercial est ainsi mieux adapté avec une nouvelle approche pour l’enseignement des mathématiques. Cette matière est désormais mise au service du contenu professionnel ; le module maths n’existe plus en tant que tel et a été introduit dans les apprentissages professionnels, à l’image du calcul des marges. « Savoir calculer rapidement un pourcentage, une marge est un avantage en négociation commerciale et permet de ne pas perdre de la relation avec l’agriculteur », détaille Didier Boucher.

Démystifier les outils de GRC

À l’ère de la digitalisation, la place du numérique dans la formation a été renforcée. Un module spécifique a été créé sur l’usage des dispositifs de gestion relation clients (CRM en anglais). Pour cela, un partenariat a été mis en place autour d’une CRM générique d’Odoo. « Des conditions d’accès facilités ont été négociées. Nous souhaitons démystifier les outils informatiques et digitaux pour que les apprenants les appréhendent de façon positive. »

Devenir un apporteur de solutions

Dernière évolution essentielle : la partie technique de la formation a été totalement revue afin de mieux prendre en compte la transition agroécologique ou encore les dernières évolutions en phyto avec la loi EGalim. « L’idée est d’ouvrir l’horizon du commercial en donnant des clés aux apprenants pour mieux répondre aux attentes des agriculteurs et devenir des apporteurs de solutions. »

Enquête préalable auprès des professionnels

Cette rénovation du BTS TC s’est appuyée sur une enquête menée par les délégués régionaux de l’ingénierie de formation auprès de professionnels dont des coopératives et négoces. Les hypothèses ont été validées auprès d’eux ainsi que d’anciens élèves et de professeurs.

Afin d’aider à mettre en place cette évolution pédagogique, des sessions d’accompagnement à la mise en œuvre du nouveau référentiel ont eu lieu en 2021 et vont se poursuivre avec des actions de formation, centrées notamment sur la digitalisation du commerce.

Assez peu connu jusque-là alors qu’il enregistre un score d’insertion professionnelle proche des 100 % une fois le diplôme en poche, ce BTS formant de futurs technico-commerciaux va-t-il pouvoir faire de ce nouvel élan qui lui est donné un atout d’attractivité auprès des nouvelles générations ? À suivre.

Hélène Laurandel