C’est un grand pas historique que réalise l’École supérieure d’agricultures (Esa) d’Angers avec l’ouverture d’un site en région parisienne à Saint-Quentin-en-Yvelines, accueillant les premiers étudiants dès septembre 2022 avec, au préalable, une journée portes ouvertes organisée le 12 février.

C’est en fait une duplication d’une partie de l’activité de cette grande école qui va mettre en place sur ce nouveau campus deux de ses cycles de formation dispensés à Angers : le bachelor Agroécologie et systèmes alimentaires et les trois premières années du cycle ingénieur ouvertes progressivement, la 1re année en 2022, puis la 2e année en 2023 et enfin la 3e année en 2024. Les 4e et 5e années devraient être effectuées sur le site d’Angers dans un premier temps.

Transformer le potentiel sur Parcoursup

Ce projet qui était en réflexion depuis 2018 a bénéficié du renouvellement de l’accréditation quinquennale de l’école par la CTI (Commission des titres d’ingénieur) pour devenir opérationnel. « L’Esa était en train de configurer sur 2020-2021 sa stratégie à cinq ans en pleine vague de diverses évaluations (CTI, Qualiopi…). Nous avons donc saisi cette opportunité pour rendre effectif ce projet de nouveau campus », relate René Siret, directeur général de l’Esa.

À l’origine de ce projet figurait le souhait de mieux capter les étudiants du Bassin parisien. « Sur Parcoursup, nous avons régulièrement un grand pool de bacheliers d’Ile-de-France qui choisissent l’Esa. Mais nous ne transformons pas ce potentiel, car les bacheliers préfèrent au final des écoles plus proches. »

Élargir le rayonnement à l’international

En outre, cette localisation parisienne permet de se rapprocher des sièges des grandes entreprises et aussi d’amplifier le rayonnement au niveau national et à l’international de l’école, car Paris est plus connue et plus facilement accessible qu’une ville provinciale.

Le choix du site s’est effectué assez naturellement guidé par une forte concentration d’anciens élèves de l’Esa autour de Guyancourt-Saint-Quentin-en-Yvelines, des infrastructures favorables (Crous, Cité U, bibliothèque universitaire) et des partenaires académiques voyant d’un bon œil la venue d’une nouvelle école.

Des choix prudents pour démarrer

Le directeur, René Siret, espère pouvoir ouvrir à moyen terme le site aux 4e et 5e années et « programmer d’autres parcours de formation type bachelor en gardant l’objectif de répondre aux demandes des entreprises ». Tout en se laissant aussi la possibilité d’ouvrir des spécialisations, mais uniquement sur l’un ou l’autre des sites afin de drainer un effectif suffisant.

À ce jour, l’Esa avance sur ce projet avec prudence en misant sur des classes de 50 étudiants pour la rentrée 2022 et s’en tenant dans un premier temps à louer les locaux. « En phase 2, à partir de 2024-2025, selon le succès du projet, nous verrons pour aller plus loin avec le soutien de la collectivité afin de nous inscrire plus durablement dans l’écosystème. »

Dernier atout perçu dans cette installation parisienne : la proximité de Paris-Saclay qui va réunir plusieurs établissements dont AgroParisTech. « Même si elle ne sera pas dans le premier cercle, l’Esa pourra sans doute bénéficier de cet environnement pour amplifier son rayonnement. »

Hélène Laurandel