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La méthanisation, ils y réfléchissent

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La méthanisation, ils y réfléchissent

Notre baromètre Agrodistribution-ADquation révèle que la création d’une unité de biogaz est une activité de diversification à laquelle réfléchit un peu plus d’un agriculteur sur dix. Coopératives et négociants peuvent servir de catalyseur à leurs projets.

Actuellement environ 1 % des exploitations agricoles de plus de 50 ha sont déjà engagées dans la méthanisation (voir infographie). Ce chiffre pourrait être démultiplié dans les années à venir, car 12 % des agriculteurs dans cette tranche de SAU se déclarent intéressés par l’installation d’une unité de biogaz sur leur exploitation. C’est en tout cas ce qui ressort de notre enquête Agrodistribution-ADquation réalisée en mars dernier. Et si, sur le plan national, 5 % des agriculteurs interrogés y réfléchissent dans un cadre individuel, ils sont 7 % à ne pas souhaiter s’engager seul, mais dans un cadre collectif. Peut-être un service que les distributeurs peuvent apporter à leurs adhérents ou clients, en servant de catalyseur à leurs projets.

Unéal, dans les Hauts-de-France, a été l’une des premières coopératives en France à accompagner les agriculteurs dans cette démarche. Mais d’autres l’ont rejointe. C’est le cas de l’Ucac dans l’Oise, de Cérèsia en Champagne-Ardenne et Hauts-de-France, du groupe Oxyane, fusion de La Dauphinoise et Terres d’Alliance dans le Sud-Est, de Maïsadour et Vivadour avec leur filiale, Ovalie Innovation, dans le Sud-Ouest, de Noriap dans la Somme et en Normandie, ou d’autres encore.

Des projets collectifs dans le Nord-Est et le Sud

Sans surprise, c’est dans l’ouest de la France que le nombre d’installations déjà en fonctionnement est le plus important, puisque 5 % des agriculteurs qui ont répondu à l’enquête possèdent déjà une unité de méthanisation. Ce que confirment les données de l’Ademe et Aile, l’association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement. Sur les 980 unités de biogaz déjà implantées en France, 258 le sont en Bretagne et Pays de la Loire (lire encadré).

C’est aussi dans l’Ouest que l’on trouve le plus de chefs d’exploitation intéressés par un projet de méthanisation (14 %).

Cela étant dit, les autres régions arrivent quasiment au même niveau, avec 12 % des agriculteurs qui pourraient envisager un projet dans le Nord-Est et le Sud, et 9 % dans le Centre. À noter que dans le quart nord-est et le sud de la France, les exploitants sont intéressés avant tout par un investissement dans un cadre collectif, respectivement 11 % et 8 %. Dans le Centre, les exploitants sont plus nuancés : une moitié envisagerait plutôt un projet individuel, et l’autre moitié un projet collectif. Alors que dans l’Ouest, ce sont les projets d’investissement individuels qui prédominent largement (11 %).

Pas seulement les éleveurs

Notre enquête montre également que ce sont les exploitations de polyculture-élevage qui porte le plus d’intérêt à ces investissements dans la méthanisation ; 16 %, dont 2 % ont déjà une unité.

Mais les autres types d’exploitation y réfléchissent aussi ; 11 % en orientation grandes cultures, comme en élevage (dont 1 % en ont déjà une). Il est aussi intéressant de noter que les exploitations de grandes cultures et de polyculture-élevage sont davantage prêtes à envisager un projet collectif (8-9 %), alors que les éleveurs sont plutôt tournés vers les projets individuels (7 %).

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Près de 80 % des unités de biogaz installées chez des agriculteurs

D’après l’Ademe, sur les 980 unités de méthanisation opérationnelles en France au 1er janvier 2021, 770, soit 79 %, sont installées chez des agriculteurs ou sont des installations dites « centralisées », c’est-à-dire qui associent, en plus des agriculteurs, d’autres acteurs du territoire. Le nombre d’unités destinées à la cogénération (électricité + chaleur) est nettement plus important que celui des installations où le biogaz est injecté dans les réseaux de gaz naturel.

Mais en termes d’énergie produite, la valorisation du biométhane sous forme de gaz injecté dans les réseaux est en train de prendre le dessus sur la production d’électricité. En 2020, l’ensemble des installations françaises a permis la production de 1,2 TWh d’électricité et 2 TWh de biométhane injecté dans les réseaux. Selon Aile (Association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement), la Bretagne, par exemple, comptait 153 unités de méthanisation en janvier 2021, dont 104 en cogénération et 30 en biogaz injecté. Près de 90 sont en cours de construction ou en projet, dont 70 % en injection et 30 % en cogénération ou chaudière, sachant que celles où le biogaz va être injecté dans les réseaux de gaz naturels sont les unités de plus grande capacité.

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