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La biodiversité fait des émules

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Neuf agriculteurs sur dix se sentent concernés par la préservation de la biodiversité. Pour les accompagner dans leurs pratiques, la Cavac a d’ailleurs lancé en juin le fonds de dotation Ohé la Terre.

La biodiversité, que ce soit la faune ou la flore, est menacée. La préserver est donc un enjeu majeur, et l’agriculture, bien souvent pointée du doigt comme une cause de son déclin, fait aussi partie de la solution. Et aujourd’hui, les agriculteurs semblent en avoir pris conscience. Selon notre baromètre Agrodistribution-ADquation, 92 % des agriculteurs prennent en effet en compte la préservation de la biodiversité dans leurs pratiques culturales, voire 96 % chez ceux ayant 150 ha ou plus. Et 56 % semblent même totalement engagés dans cette voie, en hausse de 13 points par rapport à 2016. Toutefois, 8 % déclarent pour leur part ne pas prendre en compte la biodiversité, cette proportion étant similaire à 2016, ils sont plus nombreux en grandes cultures (12 %) et dans le Sud (11 %).

Cette prise de conscience se traduit par la multiplication des démarches en faveur de la biodiversité, notamment avec le soutien de la distribution. On peut prendre l’exemple d’Océalia, actuellement au cœur de plusieurs projets. En collaboration avec BASF, le syndicat Eaux de Vienne et le laboratoire Flor’Insectes, la coopérative expérimente différents leviers pour concilier la culture de colza et la préservation de l’environnement. Océalia est également associée à l’AGPB, la chambre régionale d’agriculture de Nouvelle Aquitaine et l’association de protection de la nature Noé pour l’expérimentation de pratiques agricoles en faveur de la biodiversité. En début d’année, une enveloppe de près de 100 000 € a d’ailleurs été allouée par la Région Nouvelle-Aquitaine à ce projet. L’association Noé est quant à elle à l’initiative d’autres projets de mesure de la biodiversité, en partenariat avec neuf autres coopératives, dont Oxyane et la Scara, et deux négoces, dont Soufflet.

Démarche collective ouverte à tous

La Cavac a pour sa part lancé en juin le fonds de dotation Ohé la Terre à l’initiative d’agriculteurs. Cette démarche collective ouverte à tous les agriculteurs a pour vocation de les accompagner et les soutenir financièrement dans la mise en place d’actions en faveur de la biodiversité. Pour cette première année, 500 000 € ont été récoltés, bien plus que les 350 000 € budgétés initialement, auprès d’une vingtaine de mécènes composés d’entreprises locales et d’acteurs territoriaux. « En l’espace de deux mois, nous avons mobilisé près de 300 agriculteurs pour les premières actions. À terme, on aimerait avoir un budget annuel de 1 M€ pour 1 000 agriculteurs engagés », précise Jean-Marie Gabillaud, agriculteur administrateur à la Cavac et président de Ohé la Terre (lire l’encadré).

Les orientations de Ohé la Terre sont fixées par le conseil d’administration composé de mécènes. « Ils nous apportent une vision de citoyens et donc nous ouvrent plein de portes », se réjouit Jean-Marie Gabillaud. Un comité de pilotage, composé notamment d’agronomes, d’experts RSE et de scientifiques, a également été formé pour mener à bien les projets.

Pour cette première année, quatre actions principales ont été financées, ce champ d’action étant amené à être élargi à l’avenir. Et les premiers résultats se révèlent très satisfaisants avec 1 000 ha de sur-semis de trèfle, 3 000 ha de couverts végétaux mellifère semés, 23 ha d’agroforesterie mis en place et 10 km de haies implantées. Thomas Baudry, agriculteur-éleveur de chèvres et apiculteur dans les Deux-Sèvres, est entré dans le dispositif. « C’est mon technicien de Vendée Sèvres Négoce qui m’en a parlé et je me suis lancé dans deux actions, le semis de couvert mellifère après la moisson et la plantation de haies », détaille-t-il. Il s’est alors engagé sur un volume de semences de couverts, avec un retour financier de 50 %, et un métrage de haies, Ohé la Terre lui fournissant les arbres. « Et j’en suis très content, il y a peu de discours, beaucoup d’actes, et en deux rendez-vous c’est calé », affirme-t-il.

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« Ohé la Terre pour stimuler les projets »
Jean-Marie Gabillaud, président d’Ohé la Terre, Ohé la Terre © Ohé la Terre

« En tant qu’agriculteur, on ressent toujours plus de contraintes qui nous pèsent dessus, on subit. Avec d’autres agriculteurs, on s’est demandé si l’on ne pouvait pas changer ça, ou du moins prendre en main les choses en anticipant et se mettant en mouvement. La question de la biodiversité revient en permanence, mais jamais à la même sauce, elle n’a pas de périmètre bien défini. Alors comment fait-on pour fédérer et stimuler les agriculteurs sur un territoire ? J’ai beaucoup regardé ce qui se faisait avec la Cop21 en matière de défiscalisation des dons en faveur de l’environnement et du climat. Le facteur économique étant un élément clé dans toutes nos actions, pourquoi nous, agriculteurs, ne nous y intéresserions pas ? C’est de là qu’est née l’idée d’Ohé la Terre et on a beaucoup travaillé dessus depuis deux ans. Au lieu d’attendre des subventions publiques qui n’arriveront peut-être jamais, on s’est tourné vers les acteurs locaux qui se sont montrés très réceptifs à notre projet. Les gens ont compris que les agriculteurs n’étaient pas tout seuls sur leur territoire. En Vendée, il n’y a pas beaucoup de villes, c’est très rural, et ça nous permet de créer une vraie dynamique collective. L’enjeu est d’arriver à tisser un maillage d’agriculteurs et d’acteurs au sein d’un territoire et à mettre tout cela en mouvement. Toutes les petites actions mises bout à bout font qu’on progresse, qu’on avance. C’est la force du collectif. Ohé la Terre est là pour stimuler les projets, donner des idées et améliorer les choses. »

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