« Tereos produit entre 17 et 18 Mhl d’alcool et éthanol par an qui sont vendus sous forme soit d’alcool, soit de bioéthanol destiné aux marchés français et export », explique Valérie Corre (photo), directrice des affaires réglementaires alcool-éthanol chez le groupe sucrier. La coopérative a fait le choix d’investir massivement dans la production d’éthanol de betteraves, mais c’est un dossier qu’elle a toujours dû défendre avec beaucoup d’énergie. Et c’est encore le cas aujourd’hui.

« Les consommateurs n’ont jamais été aussi demandeurs de bioéthanol, et les différentes réglementations qui se profilent ne vont pas du tout dans le sens de répondre à cette attente, regrette la responsable de Tereos, qui est aussi présidente du syndicat des producteurs européens d’éthanol Épure. La France fournit les 12 Mhl de bioéthanol consommés sous forme de carburant dans l’Hexagone, et les industriels pourraient, sans investissements majeurs, répondre à une demande de 5 à 6 Mhl en plus. Mais le contexte réglementaire ne va pas dans ce sens. Dans son Pacte vert, l’Union européenne vise une réduction de 55 % des gaz à effet de serre d’ici à 2030. Pour l’atteindre, il faudrait passer d’ici-là à 14 % d’énergie renouvelable pour les véhicules, or en même temps, le plafond pour les biocarburants de première génération reste bloqué à 7 %. C’est illogique. Ce n’est pas tout, ces 7 % sont une limite d’incorporation par État membre. L’Europe est en moyenne à 4 %, mais la France était déjà à 6,8 % en 2020. Nous demandons que le plafond de 7 % ne soit plus appliqué par pays, mais mutualisé à l’échelle de l’Union européenne. »

Valérie Corre constate aussi que le calcul des émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules électriques ne prend en compte que les gaz d’échappement, alors que pour le bioéthanol, c’est de la culture de la betterave à la roue de la voiture. « C’est injuste, ajoute Valérie Corre. On reproche aussi aux biocarburants d’occuper des terres destinées à l’alimentation, alors que de nombreuses études ont prouvé le contraire. Ils ne représentent en Europe que 1,2 % de la SAU, soit 2,12 Mha lorsque la jachère est à 7 Mha ! »

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