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4 clés pour s’affirmer sans agressivité

Véronique Nosal, coach en développement personnel à Thionville (Moselle). contact@veroniquenosal.com

Dans un monde professionnel marqué par la pression des résultats, la rapidité des échanges et la diversité des profils, la qualité de la communication est devenue un enjeu central. Parmi les compétences relationnelles recherchées, l’assertivité apparaît comme essentielle pour fluidifier la vie de l’entreprise. Les explications de Véronique Nosal, coach et préparatrice mentale, sur ce que recouvre ce terme et comment développer cette compétence.

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Prendre conscience de notre conditionnement. Le mot « assertivité » vient du verbe anglais « to assert » que l’on peut traduire par s’affirmer, défendre ses droits, défendre son opinion. L’assertivité, c’est l’affirmation de soi, la capacité à exprimer ses idées, ses besoins et ses limites de manière claire, directe et respectueuse, sans agressivité ni passivité. À l’équilibre entre deux attitudes contre-productives, la passivité, qui conduit à s’effacer, à ne pas oser dire non ou à accumuler frustration et ressentiment, et l’agressivité, qui impose ses opinions au détriment des autres et détériore les relations. Être assertif, ce n’est pas « avoir le dernier mot », mais faire entendre sa voix tout en respectant celle des autres. Cette qualité relève de la confiance en soi, un des piliers de l’estime de soi. Car nous sommes tous conditionnés par des facteurs limitants liés à notre enfance, notre éducation (« sois gentil », « sois parfait », « fais vite »…). Parvenus à l’âge adulte, nous devons dépasser ces limites qui se traduisent par la peur du rejet, de mal faire, voire la crainte de perdre son emploi.

Freiner les escalades émotionnelles. Dans le monde professionnel, l’assertivité présente de nombreux bénéfices. Elle permet d’améliorer la communication : les messages sont plus clairs, les non-dits et les malentendus s’effacent. Les relations de travail sont plus saines, le respect mutuel favorisant la confiance et la coopération. Il y a une meilleure gestion des conflits : les désaccords sont abordés de manière constructive, sans escalade émotionnelle. Le gain de confiance en soi est réel pour ceux qui la pratiquent car les collaborateurs, quel que soit leur niveau hiérarchique, se sentent légitimes à s’exprimer et à prendre leur place. Enfin, l’efficacité collective est accrue car les décisions sont plus rapides et mieux comprises. Pour les managers, l’assertivité est une compétence stratégique. Elle permet de donner un feed­back clair et constructif, de poser un cadre et des règles sans autoritarisme, d’encourager l’expression des équipes, de gérer les situations délicates (refus, recadrage, négociation) avec fermeté et diplomatie. Un manager assertif crée un climat où chacun se sent écouté et responsabilisé, ce qui renforce l’engagement et la motivation.

S’entraîner et se former. L’assertivité n’est pas innée. Elle se travaille et s’apprend. La mettre en pratique est aussi une bonne façon d’apprendre à se connaître, face à la prise de décision, voire l’adversité. Lors de mes interventions, je propose les pistes concrètes suivantes : partir des faits plutôt que d’exprimer d’abord son ressenti, utiliser le « je » pour exprimer ce ressenti au lieu d’accuser, formuler des demandes précises et réalistes, savoir dire non sans se justifier excessivement, écouter activement l’autre même en cas de désaccord, s’entraîner à gérer ses émotions, notamment le stress et la colère. On peut commencer dans sa vie familiale, amicale, sociale, afin d’en percevoir les bénéfices. Je donne souvent l’exemple du voyage en train et du voisin qui téléphone bruyamment. Cela n’empêche pas le train d’avancer mais cela vous empêche de vous concentrer sur votre occupation du moment. Faire comprendre à ce voisin qu’il vous gêne avec tact est un bon exercice. Ne pas oublier aussi qu’un sourire, de l’humour, aide beaucoup à faire passer un message. Puis mettre en pratique dans sa vie professionnelle. Des formations à la communication assertive peuvent également aider à ancrer ces pratiques, de même que des ouvrages sur la question, par exemple « Cessez d’être gentil, soyez vrai », par Thomas d’Ansembourg (Éditions de l’Homme).

Temporiser, déléguer. Concernant le cas plus particulier des – jeunes – technico-commerciaux de coopérative ou négoce agricole qui ont parfois du mal à faire valoir leur position, je suggère les solutions suivantes : ne pas répondre tout de suite, temporiser, expliquer que l’on va réfléchir à la demande, se renseigner, déléguer en laissant son n + 1 prendre la décision. Vous pouvez aussi expliquer que vous répondrez par écrit un peu plus tard, après avoir étudié le cas. Il est alors plus facile de dire non quand on n’a pas la personne en face de soi.

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