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Le palmarès des coopératives et négoces

Dans une conjoncture chahutée, marquée par de nombreux plans de soutien aux agriculteurs, l'innovation est plus que jamais au rendez-vous pour retrouver de la valeur ajoutée, la numérisation en faisant partie. Avec l'accompagnement des fédérations nationales oeuvrant pour faire valoir leurs entreprises.

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« Nous ne sommes pas riches, mais nous sommes solides ! Les coopératives ont été "les filles de la misère" et nous sommes pourtant toujours là », a proclamé Michel Prugue, président de Coop de France lors du dernier congrès. Un commentaire inspiré par le milliard d'euros de résultat net dégagé pour un chiffre d'affaires consolidé de 86 Mds€ en 2015. Et qui génère un niveau de rentabilité net de 1,2 % en moyenne, mais seulement de 0,7 % dans le secteur céréalier ou les coops polyvalentes. En prenant pour base l'EBE, qui permet une comparaison plus juste, le niveau de rentabilité, alors de 3,9 %, est bien inférieur aux autres secteurs économiques, hormis la construction automobile à 3,4 %. Côté négoce, les niveaux de rentabilité nets affichent des ratios autour de 1 % voire moins. Et l'exercice en cours s'annonce périlleux avec une baisse de chiffres d'affaires annoncée de 25 % par la FNA, la fédération du négoce agricole, et une gestion des encours clients et de la trésorerie des entreprises devenue prioritaire. La baisse du chiffre d'affaires affecte également les coops qui ont cependant les reins solides pour la plupart et qui sont pour 90 % des 2 274 coops et unions, des PME et TPE. Pour y faire face, nombre d'entreprises ont mis en place un plan de réduction des charges et gelé les investissements, voire même les embauches ou en tout cas, sont plus sélectives dans les choix à faire.

Jusqu'à 90 % du résultat distribué

Toutefois, la priorité est tournée vers le terrain avec des agriculteurs secoués dans la majorité des cas par une conjoncture difficile quasiment dans toutes les productions désormais. Et les annonces de plans de soutien aux adhérents agriculteurs ne cessent de s'accumuler depuis l'été dernier. Il est compliqué cependant de faire un bilan de toutes les mesures prises, dont les nombreuses assemblées générales de fin d'année se font l'écho (lire l'Actus, p. 8 à 15). Des coopératives vont jusqu'à redistribuer 90 % de leurs résultats.

Certains tâchent de porter un autre regard sur cette crise pour en sortir toute sa quintessence. A l'image de Michel Prugue estimant lors de la conférence de presse annuelle en décembre dernier « qu'elle amène à se poser la question de l'amélioration de l'efficience. Cette crise va accélérer la transformation du paysage agricole ». D'autre part, elle incite les organisations nationales à se mobiliser sur de nouveaux chantiers. Coop de France est ainsi très impliquée dans un gros travail sur la place de la coopération agricole dans les dispositifs de gestion des risques et est très présente sur le dossier de la Pac. « Il s'agit de solliciter auprès des pouvoirs publics une réforme de la Pac pour mieux gérer tous les imprévus comme l'embargo de la Russie, le ralentissement de la consommation chinoise ou encore les problèmes climatiques à l'image de 2016. Le monde agricole ne peut pas tout supporter tout seul », continue Michel Prugue qui estime nécessaire d'accompagner les entreprises dans leur recherche de valeur ajoutée.

Partenariat, start-up et Big Data

Des entreprises qui ne manquent pas d'initiatives et jouent de plus en plus le partenariat pour élaborer des solutions, en concertation avec leurs clients, afin de répondre à leurs besoins, comme la coop de Boisseaux qui pour la récolte 2016 adapte ses cahiers des charges avec les meuniers et McDo.

Dans le cadre de son plan stratégique 2020, pour améliorer l'accompagnement des coops, notamment des PME et TPE confrontées à une concurrence toujours plus forte, Coop de France a de son côté organisé des séminaires en interne sur les notions de compétitivité des coopératives et continue à travailler sur des outils d'analyse stratégique. Et, dans sa feuille de route 2017-2020, la FNA se recentre sur les métiers de l'appro et du grain depuis la création de la FC2A dans laquelle sont mutualisés les services juridiques, fiscaux et sociaux et la communication.

Dans cette recherche récurrente de valeur ajoutée pour les agriculteurs et les entreprises, l'innovation occupe une bonne place avec la numérisation qui se développe à l'image d'InVivo qui frappe un grand coup (lire p. 8), le rapprochement avec des start-up à l'exemple d'Agrial et du programme Agri'Up ou encore des partenariats autour d'un accompagnement innovant des agriculteurs comme celui entre Agora et Valfrance qui se traduit par la création de la structure Easi'Nov (lire p. 15). En ligne de mire : relever le défi du Big Data. Avec un renforcement de la communication institutionnelle et de terrain, dans un contexte où la concentration des acteurs, entreprises et réseaux économiques, devrait continuer.

DOSSIER RÉALISÉ PAR HÉLÈNE LAURANDEL

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Le palmarès des coopératives et négoces 2016

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