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L’AGPB demande 200 M€ d’aides

Philippe Heusèle, secrétaire général, Éric Thirouin, président de l'AGPB, et Cédric Benoist, secrétaire général adjoint, ont présenté, jeudi 15 janvier à Paris, les mesures que l'organisation défend auprès des pouvoirs publics pour soutenir les céréaliers.

Avec près de 2,5 Mds€ de pertes estimées pour les céréaliers en 2025, l’AGPB alerte sur une crise structurelle et réclame 200 M€ d’aides.

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« Nous sommes à un point de bascule, avec un véritable effondrement économique des céréaliers », a de nouveau alerté Éric Thirouin, président de l’AGPB, jeudi 15 janvier à Paris. Déjà en 2024, l’organisation avait tiré la sonnette d’alarme après deux années consécutives dans le rouge. Les perspectives pour 2025 ne sont guère plus rassurantes.

« Pour la troisième année consécutive, les producteurs de céréales et oléoprotéagineux sont dans le négatif, et les prix annoncés sur les marchés à terme pour la récolte 2026 sont aussi bas que ceux de 2025. Nous nous dirigeons donc vers une quatrième année dans le rouge. Comment voulez-vous que les exploitations encaissent une troisième, voire une quatrième année de cette manière ? », interroge le président de l’AGPB.

Un manque de 2,5 Mds€

Selon le syndicat, avec un manque à gagner estimé à 70 €/t de blé, les producteurs de céréales et oléoprotéagineux auraient enregistré près de 2,5 Mds€ de pertes en 2025. Face à cette situation, l’AGPB dénonce un décalage entre l’ampleur des pertes subies et le soutien apporté par les pouvoirs publics. La ministre de l’Agriculture a notamment annoncé la mise en place d’un fonds d’urgence destiné aux grandes cultures à hauteur de 40 M€. Un montant jugé insuffisant par l’AGPB qui plaide pour son doublement. « Nous avons déposé un amendement à hauteur de 80 M€ qui sera débattu prochainement à l’Assemblée nationale », informe Éric Thirouin.

En parallèle, l’AGPB salue la demande de la France d’activer la réserve de crise européenne. Cette dernière est dotée d’une enveloppe de 450 M€ pour les 27 États membres et la France a sollicité une aide de 100 M€. « Le combat n’est pas gagné, mais nous sommes le pays d’Europe qui compte le plus d’agriculteurs dans la catégorie producteurs de céréales-oléoprotéagineux et également celui qui a le plus souffert. Nous avons donc tous les arguments pour justifier cette demande », défend-il.

Réorienter les aides

De plus, le syndicat réclame la prise en charge des cotisations sociales à la MSA, soit 20 M€ tirés du projet de loi de finances, ainsi qu’un accès réel aux prêts de restructuration à long terme. Bien que ces dispositifs existent, ils restent, selon l’AGPB, inaccessibles en raison de critères trop restrictifs, notamment l’obligation de disposer de capitaux propres positifs et un plafond d’encours limité à 200 000 €. Le syndicat demande son relèvement à 500 000 € et de donner accès à ces prêts aux exploitations dont les capitaux propres sont négatifs.

Enfin, l’AGPB plaide pour la réaffectation des reliquats des aides dédiées à la conversion en agriculture biologique vers les zones intermédiaires et à moindre potentiel, « sous forme de MAEC déplafonnées et simplifiées ». « Nous estimons que, sur les deux prochaines années, entre 500 et 750 M€ d’aides à la conversion ne seront pas consommés, en raison de la baisse des surfaces en céréales bio observée depuis deux ans. L’argent existe désormais, il faut le réorienter là où il est nécessaire », martèle Éric Thirouin.

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