Biodiversité : de l’intuition à la mesure, un cap pour les filières agricoles

Biodiversité : de l’intuition à la mesure, un cap pour les filières agricoles

En direct du Salon International de l'Agriculture, le plateau #CultivonsLesEchanges a ouvert un chantier majeur pour l’agriculture française : comment passer d’une perception de la biodiversité à une évaluation concrète, utile et valorisable ? Car oui, chacun s’accorde à dire qu’une haie dans un paysage de plaine est « bonne pour la biodiversité ». Mais pour un agriculteur, une coopérative ou un industriel, estimer ne suffit pas. Il faut mesurer, comprendre, comparer pour pouvoir piloter et, en bout de chaine, valoriser.

Comme le rappelle Xavier Mesmin, ingénieur biodiversité chez Arvalis, la biodiversité ne se résume pas à la présence ou à l’absence d’une espèce. Elle englobe l’ensemble du vivant : vers de terre, pollinisateurs, oiseaux, chauves-souris, champignons du sol… et ces organismes ne réagissent pas tous de la même manière aux pratiques agricoles.

Peut-on dire qu’un système est « bon » ou « mauvais » pour la biodiversité ? La réponse est plus subtile. Certains modèles – comme la polyculture-élevage ou l’agriculture biologique – lui semblent plus favorables. Mais pour aller plus loin dans le détail, il faut raisonner par groupes fonctionnels, analyser les effets des pratiques et, surtout, dépasser les jugements globaux.

D’où l’enjeu de la construction d’indicateurs robustes, lisibles et opérationnels.

APPRIVOISE : structurer la mesure

C’est toute l’ambition du projet APPRIVOISE, piloté par Arvalis avec plusieurs partenaires : Agrosolutions, SMAG, l’Acta et la coopérative SCARA. Financé par le CASDAR de 2023 à 2026, le projet s’est donné trois ans pour passer de la théorie à l’outil.

Première étape : une revue bibliographique de plus de 200 indicateurs existants. Deuxième étape : une sélection resserrée à quinze indicateurs testés sur une trentaine d’exploitations. Troisième étape : le choix final de six indicateurs jugés scientifiquement solides, techniquement intégrables et compréhensibles pour les utilisateurs.

L’objectif n’est ni de produire un indicateur unique – trop simplificateur – ni d’en proposer cinquante – illisibles. Mais de trouver le juste équilibre entre précision scientifique et usage terrain.

Un levier pour la chaîne de valeur

Pour Alexandre Benoist, consultant biodiversité chez Agrosolutions, ces indicateurs jouent un double rôle.

D’abord technique : accompagner les agriculteurs dans une démarche de progrès, mesurer l’impact des évolutions de pratiques et objectiver les trajectoires.

Ensuite économique : permettre une valorisation au sein des filières. À l’image du carbone, la biodiversité devient progressivement un critère stratégique pour les acteurs de l’aval. Pourtant, selon un récent rapport de l’IPBES, seules 1 % des entreprises mondiales publient aujourd’hui leur impact biodiversité. Le sujet est encore en phase de maturation.

En intégrant ces indicateurs dans les démarches filières, les coopératives pourront démontrer les efforts réalisés en amont et négocier une meilleure reconnaissance économique. La biodiversité n’est plus seulement un enjeu environnemental : elle devient stratégique.

La donnée au service de la transition

Côté outils, Naeva Dudon, chef de produit chez SMAG, insiste sur un point clé : la centralisation des données. Grâce à Smag Trace, connecté aux logiciels de gestion parcellaire comme Smag Farmer, les indicateurs biodiversité s’intègrent sans saisie supplémentaire. Gain de temps, fiabilité accrue et vision 360° des performances environnementales (GES, stockage carbone, biodiversité).

Plus de 55 000 exploitations utilisent déjà les solutions numériques Smag. L’intégration des indicateurs APPRIVOISE ajoutera la biodiversité à une évaluation globale des systèmes de cultures.

Une première étape vers davantage de finesse

Les intervenants l’ont souligné : mesurer la biodiversité est plus complexe que calculer des émissions de CO₂. Les effets de l’activité agricole sont variables, contextuels, difficiles à quantifier directement. Les technologies émergentes – capteurs acoustiques pour les oiseaux, outils numériques de suivi – ouvrent des perspectives, mais les coûts et la répétabilité des mesures restent des freins.

APPRIVOISE constitue donc une première étape structurante : relier pratiques agricoles et effets probables sur des compartiments de biodiversité, dans une logique de progrès.

De l’intuition à l’indicateur, de la pratique à la valorisation économique, la biodiversité entre dans une nouvelle ère : celle de la mesure partagée et du pilotage stratégique.

Vous souhaitez en savoir plus ?

L’équipe d’Agrosolutions organise deux webinaires de présentation des six indicateurs retenus dans le cadre du projet APPRIVOISE pour évaluer la performance biodiversité des exploitations agricoles :

  • Le 2 avril 2026 (12h-12h30), pour les coopératives, négoces et fournisseurs d’intrants
  • Le 30 avril 2026 (12h-12h30) pour les acteurs de l’aval

Une belle opportunité de comprendre comment intégrer ce référentiel d’indicateurs dans vos démarches existantes et poser vos questions.

Intéressé ? Rendez-vous sur la page LinkedIn d’Agrosolutions !

[Cliquer sur la vidéo pour revoir l’intégralité des échanges]

 

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