A. CHAPUIS
A. CHAPUIS

Geneviève Nguyen nous interpelle sur les schémas qu’elle observe en matière de conseil agricole à partir de ses travaux et du projet européen AgriLink.

«Si la coopérative ou le négoce reste l’acteur principal du conseil agricole, ce rôle tend à s’effacer sur le volet innovation selon nos enquêtes terrain », avance Geneviève Nguyen, enseignante-chercheuse à l’Ensat. Observant depuis une douzaine d’années les changements au niveau des exploitations agricoles, elle a participé au projet européen H2020 AgriLink sur le conseil qui s’est terminé l’an dernier et a mobilisé treize pays et plus de mille agriculteurs interrogés sur leurs relations avec les conseillers. Cette étude peut permettre de nourrir, voire d’influencer, les réflexions européennes sur le conseil qui requièrent une certaine vigilance car « la Commission est très attentive à la notion de conseil indépendant ».

Pour sa part, l’équipe de chercheurs français, menée par Pierre Labarthe de l’Inrae, a interviewé 98 agriculteurs et 37 fournisseurs de conseil du Sud-Ouest afin d’analyser la manière dont les agriculteurs combinent diverses sources de conseil. « Nous avons centré notre étude autour de trois domaines d’innovation : l’introduction de légumineuses, l’organisation du travail et les nouvelles technologies. Nous avons abordé le sujet en analysant avec les agriculteurs les étapes parcourues, depuis la recherche d’information jusqu’à l’adoption de l’innovation. »

Effacement des acteurs classiques

De cette étude ressortent différents schémas. « L’agriculteur peut aller voir jusqu’à dix personnes différentes pour régler un problème. Et en fin de processus, il peut rester une seule personne qui l’accompagne. » Dans le domaine des nouvelles technologies, on observe l’effacement des acteurs traditionnels, dont les coops et négoces. D’autres acteurs apparaissent, comme ceux de l’agroéquipement qui vont jouer le rôle de conseiller, ou encore des agriculteurs qui acquièrent une expertise par l’usage des technologies et développent une activité de conseil.

Geneviève Nguyen estime que « le TC ne pourra plus être seul car les exploitations auront besoin de s’entourer de spécialistes dans différents domaines. Il va devoir alors travailler avec d’autres conseillers. » D’autant que les profils d’exploitation évoluent « avec une très grande diversité et de très grands écarts ». Elle attire ainsi l’attention sur le développement du recours à la sous-traitance qui a doublé en vingt ans, allant jusqu’à la délégation totale de la gestion de l’exploitation. « En gagnant en compétences, les prestataires de services deviennent peu à peu des acteurs clefs du conseil, notamment agronomique. »

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Agriculteur - TC Construire une relation durable

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