Lancé début 2019 dès la prise de fonction de Dominique Chargé à la présidence de La Coopération agricole (LCA) et élaboré en 2020 par des groupes de travail d’élus et de salariés avec l’appui d’experts extérieurs, le projet « Vision 2030 » de LCA a été décliné dans sa version finale lors d’une visioconférence le 14 janvier dernier à l’ensemble des coopératives adhérentes. Il avait fait l’objet d’une première présentation lors d’un tour de France des régions en novembre dernier.

Plus de 600 personnes au total ont suivi cette présentation à distance qui a mobilisé Dominique Chargé et la directrice de LCA, Florence Pradier, ainsi que trois des membres du conseil d’administration. Une présentation prévue à l’origine lors du congrès du 16 décembre annulé en raison de la crise sanitaire. Dominique Chargé nous en a dévoilé les grandes lignes lors d’une interview accordée à notre revue. Et en a fait écho lors d’un point presse le 21 janvier.

Définition de la raison d’être de la coopération agricole

La nouvelle vision stratégique de La Coopération agricole s’appuie sur une raison d’être qui a été définie comme telle : « Bâtisseurs solidaires d’une alimentation durable et de territoires vivants ». Pour Dominique Chargé, « cette raison d’être incarne ce que nous voulons renvoyer à la société ». En effet, l’objectif est d’organiser une réelle dynamique autour d’un projet commun pour bien inclure dans les activités des coopératives, les attentes de toutes les parties prenantes, dont les consommateurs citoyens.

Le terme « bâtisseurs » représente la résilience du modèle coopératif avec des structures qui « traversent les époques à l’image d’un édifice et d’activités bien ancrées sur le territoire ». Cette notion reprend l’idée d’une construction d’une chaîne de valeurs durable et sous-entend celle de performance. Le mot « solidaires » reflète la solidarité de la coopérative vis-à-vis de ses agriculteurs adhérents et aussi de ses salariés en leur offrant l’accès à une rémunération décente. Et également la solidarité entre les générations et avec la planète et ses ressources.

Trois axes stratégiques

La feuille de route de ce nouveau projet stratégique a été déclinée à partir de cette raison d’être et a été alors bâtie autour de trois axes : la performance solidaire, l’alimentation durable et les territoires vivants.

Ce projet renvoie notamment à la nécessité de prendre bien en compte, dans la chaîne alimentaire, l’urgence climatique et la lutte contre le gaspillage alimentaire, et de traduire la transition agroécologique dans des solutions adaptées aux métiers et validées techniquement et économiquement.

« Nous avons besoin de moyens sur ce sujet », rappelle Dominique Chargé qui pointe également du doigt la nécessité de « trouver un nouvel angle avec la grande distribution avec laquelle nous sommes dans une confrontation destructrice. Et avec la RHD afin de restaurer la souveraineté alimentaire tout en répondant à toutes les catégories de consommateurs. »

S’inscrire dans les PAT

Cette feuille de route invite également les coopératives à se rapprocher encore plus de leur territoire en s’inscrivant dans les PAT (plans d’alimentation territoriaux) car elles peuvent apporter une réponse, notamment sur le plan logistique. Et aussi en faisant de leurs lieux de vie « des lieux plus ouverts et disponibles aux autres acteurs du territoire […]. La proximité doit s’exprimer également dans ce sens. »

Un chantier sur la décarbonation présenté le 18 février

Cette stratégie Vision 2030 va être déclinée dans chacun des territoires avec en arrière-plan les futures élections régionales qui seront l’opportunité pour les coopératives d’exprimer leurs enjeux. La prochaine étape va donc être « la mise en adéquation de notre organisation avec ce projet ». Et aussi de mettre en avant des exemples et des actions concrètes. C’est ainsi qu’a été créé le site web des solutions coopératives et qu’a été lancé un chantier important sur la stratégie carbone, lequel sera présenté le 18 février prochain lors de la conférence digitale sur l’économie Zen (zéro émissions nettes) organisée par LCA. Et à laquelle est attendu le ministre de l’Agriculture.

« Nous nous inscrivons dans un triple défi : restaurer la souveraineté alimentaire tout en accélérant la transition agroécologique et en assurant la décarbonation répondant au défi de l’urgence climatique », résume Dominique Chargé.

Hélène Laurandel