« Dès que nous avons eu connaissance de l’application d’herbicides non conformes sur des parcelles de betteraves, la décision a été de ne prendre aucun risque sur le plan de la sécurité alimentaire, et la DGAL nous a suivis en ce sens, explique Olivier Leducq, directeur de Tereos Sucre Europe. La démarche a d’ailleurs été menée de manière très concertée dans le cadre de l’interprofession, et notamment avec Cristal Union. »

À 90 % à Connantre

Si les adhérents de Tereos sont concernés sur environ 1 500 ha par le dossier Marquis, à 90 % à la sucrerie de Connantre dans la Marne, chez Cristal Union, les surfaces sont trois fois plus importantes. Comme les deux lots de Marquis incriminés contenaient un herbicide interdit en France, ces betteraves sont en cours de destruction.

« L’impact est considérable, il se chiffre en perte de chiffre d’affaires pour les agriculteurs et pour les sucreries et en perte de marge nette pour les industriels car nous allons transformer moins de betteraves, la campagne sera donc plus courte avec tous les coûts supplémentaires que cela engendre, souligne le directeur de Tereos Sucre Europe. Nous sommes en discussion avec Adama qui veut traiter ce dossier à l’amiable, à la fois pour l’indemnisation des agriculteurs et des industriels. »

« Goltix Duo, un dossier encore plus complexe »

« Si le dossier du Marquis est très douloureux pour les coopérateurs qui doivent détruire leurs betteraves, celui des lots de Goltix Duo est encore plus complexe à gérer », poursuit Olivier Leducq. Les adhérents de Tereos sont concernés par ce second dossier sur plus de 4 000 ha répartis dans l’ensemble de la zone betteravière. L’application de ce désherbant a provoqué des problèmes de phytotoxicité sur les betteraves et va impacter le rendement. Il va donc falloir évaluer la perte de chiffre d’affaires sur ces surfaces.

« Comme les lots incriminés contenaient un herbicide non homologué sur betteraves mais autorisé sur céréales, les betteraves ne seront pas détruites mais ne seront pas non plus destinées à l’alimentation humaine, ni à l’alimentation animale, indique-t-il. Elles seront transformées en bioéthanol, et les pulpes traitées dans des méthaniseurs. Nous allons transformer ces betteraves dans deux usines du groupe, celles de Bucy-le-Long, dans l’Aisne, et d’Artenay, dans le Loiret, en début et fin de campagne. Ce qui va entraîner des coûts logistiques très importants, car certaines betteraves vont faire 200 km pour être traitées. Et pendant ce temps, il va falloir transporter les betteraves non touchées qui devaient normalement être transformées à Bucy-le-Long, par exemple, dans les autres sucreries les plus proches. » Cristal Union va faire de même. « Nous traiterons également des betteraves de Saint Louis Sucre qui ne dispose pas d’unité de production de bioéthanol », précise le directeur de Tereos Sucre Europe.

À noter que si les agriculteurs et les industriels sont en cours de discussion avec Adama pour être indemnisés, les entreprises de travaux agricoles et les cumas demandent elles aussi réparation du préjudice qu’elles subissent auprès de la société phytosanitaire.

Blandine Cailliez
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