Lundi 23 mars, La Coopération agricole Métiers du grain a réuni à Paris une centaine de personnes pour souffler ses 60 bougies. 60 ans jour pour jour après la création de la FFCAC, Fédération française des coopératives agricoles de céréales, le 23 mars 1966. Laquelle sera renommée en 1992 la FFCAT, Fédération française des coopératives agricoles de collecte, d’approvisionnement et de transformation.
Lors de la création de Coop de France en 2003, la FFCAT devient la section Métiers du grain de l’organisation. Pour enfin aboutir à La Coopération agricole Métiers du grain en 2019. « Notre structure est devenue technique, économique et stratégique, on est passé d’un modèle défensif à un modèle de pilotage de filières », résume Catherine Matt, directrice de la section.
Six axes stratégiques et une raison d’être
Mais « 60 ans, ce n’est pas l’âge de la retraite pour Métiers du grain », glisse le président Antoine Hacard, pour qui il y a encore du pain sur la planche. Notamment concernant le modèle appro-collecte traditionnel, « qui est chahuté ». D’où la nouvelle raison d’être que s’est donnée la section : faciliter la transformation des coopératives métiers du grain et apporter des réponses d’avenir associant durablement valeur économique, responsabilité sociétale et utilité sociale.
Dans la nouvelle feuille de route de la section, conçue après un certain nombre d’interviews de dirigeants et un vaste travail en interne, six axes stratégiques ont été identifiés : accompagner la coopérative vers un modèle compétitif d’avenir ; accompagner des transitions choisies ; agir pour une alimentation saine et durable ; déployer des conseils experts immédiatement utiles ; faire de la data une réalité efficiente et parlante ; structurer et développer une communication active et incarnée. Treize chantiers prioritaires en découlent et seront mis en œuvre d’ici 2030.
La géopolitique, « déterminant absolu »
Et avant de passer aux festivités, Thierry Pouch, chef économiste à Chambres d’agriculture France, est intervenu sur trois volets : l’environnement, l’agribashing et la géopolitique. « La géopolitique devient un déterminant absolu de l’orientation des marchés », souligne-t-il en évoquant les trois chocs géopolitiques et géoéconomiques récents qui ont des répercussions profondes sur le secteur agricole. D’abord, la guerre en Ukraine « qui a recomposé l’échiquier agricole mondial et fragilisé l’agriculture européenne ». Puis, la guerre commerciale « qui remet en cause la logique de l’ouverture commerciale des années 1990 ».
Enfin, la guerre en Iran, qui était sur toutes les bouches des convives, remet sur le devant de la scène les dépendances des pays agricoles dont l’Union européenne. La flambée en cours des prix des intrants va générer selon lui une nouvelle augmentation des coûts de production, avec un risque de faillites pour les entreprises agricoles et agroalimentaires, une accélération de la baisse du nombre d’agriculteurs, et un effet sur la consommation alimentaire. Sachant que « cette dernière n’a pas retrouvé en France son niveau d’avant le début de la guerre en Ukraine ».



