À la question « Quel est votre principal mode de fixation du prix de vente de votre blé tendre d’hiver pour la campagne 2019-2020 ? », les agriculteurs sont formels : les deux principaux modes de commercialisation restent indéniablement le prix ferme et le prix d’acompte. Respectivement, ils sont choisis par 37 % des agriculteurs (voire 43 % si l’on exclut ceux qui ne vendent pas leur blé) et 34 % (ou 40 %).

Des prix d’acompte « vraiment très bas »

Ces deux modes se renforcent même cette année, mais le prix de marché progresse davantage et passe d’ailleurs pour la première fois depuis longtemps dans notre baromètre annuel ADquation-Agrodistribution, devant le prix d’acompte. « J’imagine que le prix ferme progresse par rapport aux années précédentes car les prix d’acompte étaient vraiment très bas pour la dernière moisson », estime Gautier Le Molgat, directeur général adjoint d’Agritel.

L’analyste reste surpris que le prix moyen soit à un niveau si peu élevé et au coude-à-coude avec le prix ferme car, selon lui, l’usage du prix de campagne est prédominant, aux alentours de 60 %. La catégorisation obtenue dans notre sondage lui semble en revanche assez logique : le prix ferme s’observe davantage chez les agriculteurs travaillant principalement avec un négoce (61 %) et le prix moyen davantage chez ceux livrant à une coopérative (50 %). Le prix ferme est également plus répandu chez ceux qui sont en grandes cultures (43 %) et, notamment, ceux qui cultivent plus de 50 ha de blé (50 %).

« Difficile de sortir du schéma prix moyen/prix ferme »

Concernant les autres modes de commercialisation, les contrats indexés sur les marchés à terme et les prix minimums garantis, ils viennent en appui des deux autres, mais sans progresser. Au contraire, les contrats indexés sur les marchés à terme via un OS s’effondrent dans notre baromètre et passent en deux ans de 17 % à 6 %.

« Cela pose la question de savoir quels moyens on met en place pour que les TC soient davantage à l’aise avec ces deux modes de commercialisation, qui nécessitent probablement une meilleure prise en main de la part des équipes commerciales, commente Gautier Le Molgat. Cela montre aussi qu’en termes de différenciation commerciale, il est difficile de sortir du schéma prix moyen/prix ferme. »

Renaud Fourreaux