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Toopi Organics, pionnière de l’urine

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Toopi Organics, pionnière de l’urine

Spécialisée dans le recyclage, la transformation et la valorisation de l’urine humaine en biostimulants, Toopi Organics attend sa première homologation et entend proposer un nouveau modèle de distribution.

Il y a un an, Toopi Organics inaugurait ses locaux et sa première unité de production pilote à Loupiac-de-la-Réole (Gironde), capable de traiter 750 000 litres d’urine par an. Avant-gardiste sur ce créneau, la start-up créée en 2019 a breveté un procédé microbiologique basé sur l’utilisation de l’urine humaine comme support de culture pour des micro-organismes d’intérêt agronomique. Fervente partisane de l’« innovation frugale », elle souhaite « proposer des solutions moins chères et aussi efficaces que les produits issus de la chimie de synthèse, tout en résolvant une problématique majeure d’assainissement ».

Une AMM pour début 2022

Pour cela, elle structure son réseau de collecte d’urine auprès d’établissements scolaires, aires d’autoroutes et autres parcs de loisirs, grâce à des urinoirs, masculins et féminins, et des toilettes à séparation. À ce jour, 1,5 million de litres d’urine par an ont été sécurisés dès 2022, soit 1,5 Ml de produits finis.

La première solution délivrée sera un biostimulant microbien, un concentré d’une souche de lactobacille dans de l’urine stabilisée. En cours d’homologation sur toutes cultures et espaces verts, ce dossier intitulé Bactipi a été déposé en février auprès de l’Anses. Le verdict est attendu début 2022 pour une commercialisation dès l’été suivant. « Les essais réalisés au champ, en serre et en conditions contrôlées par des stations d’expérimentation sont sans appel, glisse-t-on chez Toopi, et représentent une efficacité de 30 à 110 % supérieure aux produits du marché, à un prix bien plus compétitif. » Bactipi revendique une sécurisation des semis par une meilleure assimilation des éléments minéraux, dont le phosphore, et s’applique à hauteur de 10 à 20 litres par hectare.

Des joint-ventures locales

Pour sécuriser la commercialisation de son produit phare, Toopi a pensé différemment son modèle économique. « Comme le référencement de produits peut être un parcours du combattant et peu compatible avec une approche d’économie circulaire, nous nous devions d’être innovants également sur la mise en marché, informe Julien Saludas, directeur R&D. L’idée est de monter des joint-ventures avec des coopératives ou des négoces qui cherchent à asseoir leur légitimité territoriale, et de relocaliser la production des biosolutions au plus près des usages. » La coentreprise investirait dans des unités de transformation locales, d’une capacité de production envisagée d’environ 2,5 Ml par an. « Nous sommes en train de solliciter plusieurs distributeurs qui ont la capacité de se projeter sur cette stratégie. Nous pouvons envisager aussi une mutualisation d’opérateurs, et des unités de plus petite dimension avec des acteurs spécifiques, comme des semenciers. Nous disposons déjà de lettres d’intention signées dans toute la France, de la part de coopératives très réceptives. »

Et aussi du biocontrôle

D’autres travaux sont à l’étude concernant des produits de biocontrôle (bio-insecticides, biofongicides et bioherbicides) ou une production sur urine d’inoculum pour légumineuses, par exemple des rhizobium pour soja, utilisé ensuite en traitement de semences. Toopi planche simultanément sur le projet Capt’ur afin de proposer des biostimulants fixateurs d’azote atmosphérique. « Nous pouvons apporter une vraie rupture à court terme, affirme Julien Saludas, en nous appuyant notamment sur des partenariats avec des entreprises susceptibles d’accélérer notre développement. »

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« L’idée est de monter des joint-ventures territoriales avec des coopératives ou des négoces », fait savoir Julien Saludas, directeur R&D., Toopi organics © Toopi organics
La première solution délivrée sera un biostimulant microbien, un concentré d’une souche de lactobacille dans de l’urine stabilisée., Toopi organics © Toopi organics
En chiffres

22 salariés

5 M€ de financement (1,2 M€ en première levée de fonds, 3,8 M€ par l’Ademe)

Objectif : recycler 1 % de l’urine humaine française d’ici 5 ans

Plus de 15 concours d’innovation remportés

Lauréat du programme French Tech Green20 (les 20 sociétés à impact environnemental à fort potentiel capables de devenir des futurs leaders mondiaux)

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