À la Cooperl, les camions vont rouler à la graisse de flottation

L’agrandissement du pilote biocarburant de la Cooperl à Lamballe engage la coopérative sur la voie de l’industrialisation du process que ses équipes ont développé à partir des graisses de flottation, et qui a déjà permis de faire rouler un camion. © COOPERL
L’agrandissement du pilote biocarburant de la Cooperl à Lamballe engage la coopérative sur la voie de l’industrialisation du process que ses équipes ont développé à partir des graisses de flottation, et qui a déjà permis de faire rouler un camion. © COOPERL

Cooperl vient d’ouvrir son nouvel outil de production de biocarburant avancé à partir des graisses de flottation. Cette nouvelle étape est destinée à valider le process à un stade préindustriel. Le point avec Anne-Julie Plouvier, responsable communication et marketing de Cooperl environnement, contactée ce mercredi 23 novembre.

Le pilote « biocarburant » de la Cooperl à Lamballe vient de s’agrandir pour passer à un stade préindustriel, nouvelle étape avant la construction d’une usine qui devrait être opérationnelle en 2025. À cette date, Cooperl devrait être capable de produire 20 millions de litres de biocarburant avancé, c’est-à-dire produit sans aucune compétition ni avec l’alimentation humaine, ni avec l’alimentation animale, et sans mobiliser de terres agricoles.

La coopérative porcine a en effet développé, en interne, un process de transformation des graisses de flottation, ces matières solides des eaux grasses de son abattoir qui ne trouvent aucune autre valorisation.

Valoriser tous les coproduits de toute sa chaîne de valeur

Ce process est issu de sa branche Cooperl environnement qui, depuis une trentaine d’années, construit des valorisations des coproduits de toute sa chaîne de valeur. « Nous avons démarré en 1991 à la suite de la directive nitrate pour valoriser sous forme de fertilisants organiques les excédents structurels de nos adhérents éleveurs », explique Anne-Julie Plouvier, responsable communication et marketing de Cooperl environnement.

Ont suivi la valorisation du cinquième quartier non alimentaire des cochons pour les petfood, la fertilisation organique et l’aquaculture, puis la gestion de l’eau et de ses effluents d’abattoir et, dans les années 2000, la production de vapeur de manière renouvelable à partir de biomasse et de ces graisses de flottation.

Un process protégé

« Nos chercheurs sont allés plus loin dans le traitement de ces graisses pour parvenir à ce biocarburant avancé dont un des intérêts est aussi de se substituer totalement au gasoil. L’utiliser n’exige donc pas d’adaptation des moteurs », détaille la responsable. La coopérative fait d’ailleurs rouler un de ses camions depuis plus de 18 mois avec son biocarburant.

L’objectif de la première usine sera de couvrir les 7 Ml pour la flotte interne de 250 camions, plus 10 Ml pour les tracteurs de ses adhérents. Le solde sera commercialisé notamment auprès de ses clients et prestataires. Cette décarbonation de la filière devrait permettre de réduire ses émissions de GES de plus de 80 %.

Yanne Boloh
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